Séquence 12

XII/1 : 3 semaines plus tard – Paris – Appartement de Billy  – Samedi – 23h30 :

Julie est comme à son habitude endormie sur le canapé. Billy passe la porte de son appartement, pose ses clés sur la table de l’entrée et se dirige vers le salon. Il voit Julie et se dirige vers le placard de l’entrée. Il en sort une couverture et se dirige à nouveau vers le salon. Il pose la couverture sur Julie et un baiser sur son front. Il va se chercher de quoi manger dans la cuisine et revient dans le salon. Il s’assoit sur le fauteuil à côté du canapé et mange en regardant Julie dormir. Quelques instants après, elle s’agite et se réveille.

Billy : Bonsoir…

Julie : Bonsoir… Ca fait longtemps que tu es rentré ?

Billy : Non, mais je ne voulais pas te réveiller, tu es si jolie quand tu dors.

Julie : Depuis quand tu me regardes dormir ?

Billy : Depuis toujours…

Julie : Elle aussi, tu la regardes dormir ?

Billy : Je n’en ai pas eu autant l’occasion, mais je n’y passerais pas autant de temps qu’avec toi…

Julie : Franchement, je t’aime de plus en plus chaque jour qui passe… Je ne te mérite pas… Je suis exécrable et tu trouves encore la bonté et la volonté de me sortir de telles phrases. Sans toi, j’aurais sombré depuis longtemps.

Billy : Je ne sais pas quoi dire… Si ce n’est peut-être que je t’aime aussi… J’ai aussi vu que tu avais fait des efforts au cours de ces trois dernières semaines…

Julie : Tu l’as revu ?

Billy : Quelques fois… Son ciné préféré est celui où je bosse. On a été boire un verre ou deux, mais je ne l’ai pas embrassé à nouveau et ça n’a guère été plus loin. Elle a mis une barrière et je crois qu’inconsciemment j’en ai mis une aussi. Tu sais que tu vas être obligée de la voir ?

Julie : Oui, au mariage d’Andréanne…

Billy : Tu peux encore dire non, tu sais…

Julie : Il faut que j’affronte ça et… Elles me manquent….

Billy, épaté : Tu n’en veux plus à Léa ?

Julie : Je ne lui en ai jamais réellement voulu. J’étais jalouse de leurs succès, je crois et j’ai envie de te croire quand tu dis que tu la sollicitais et qu’elle ne t’a pas sauté dessus.

Billy : Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Julie ?

Julie, riante : Je vois une psy !

Billy, riant : Je me répète : Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Julie ?

Julie : Je la vois quatre fois par semaine depuis l’accident. Au départ, c’était juste à propos de l’accident. Mes parents m’ont, quelque peu, forcée. Je refusais de parler et le temps était long, donc j’ai commencé à parler et elle m’a aidé à comprendre deux ou trois trucs. On continue ce rythme encore un peu et on diminuera les séances au fer à mesure…

Billy : Je suis épaté ! Si tu savais comme je t’aime à cet instant précis !

Julie : C’est pour nous que je l’ai fait.

Billy : Je t’aime !

Julie, venant se lover dans les bras de Billy : Je t’aime aussi !

Ils s’embrassent et leurs mains se font plus câlines.

Billy, coquin : Elle a débloqué, ça aussi ?

Julie, mutine : Il faut croire. En fait, tu le dois plus à Léa et un de ses débats…

Billy : Je vois exactement de quel débat, tu parles !

Ils s’embrassent à nouveau, plus langoureusement.

Léa : Tu me laisses cinq minutes pour que je passe par la salle de bain ?

Billy : Tout le temps que tu voudras.

Ils s’embrassent encore et elle se lève. Il attrape son portable et pianote un sms.

XII/2 : Djerba – La boite de nuit de l’hôtel  – Dimanche – 0h00 :

Nell et Léa se trémoussent sur la piste de danse avec leurs collègues. Florian les observe de loin. La musique change et elles vont s’asseoir à une des tables.

Nell : Je suis fière de toi !

Léa : Et pourquoi donc ?

Nell : Tu ne t’es ni approchée d’une bouteille d’alcool, ni de Florian.

Léa : Et oui ! Ah !

Nell : Quoi ?

Léa, sortant son portable de sa poche : Je vibre.

Nell : Oh ! Un de tes nombreux prétendants ?

Léa, se décomposant : Oui, c’est Billy…

Nell : Qu’est-ce qui se passe ?

Léa ne peut parler et tend le portable à Nell.

Nell : « Léa, je suis vraiment désolé. Je crois qu’il faut qu’on arrête de se voir… Julie a fait de nombreux efforts pendant ces trois dernières semaines et je veux donner une dernière chance à notre relation. Tu trouveras quelqu’un de bien, j’en suis sur ! Bises. Billy. » Non !

Léa : J’ai besoin d’un verre !

Nell, la retenant par le bras : NON !!

Elle lui rend son portable et Léa le remet dans sa poche.

Léa : Nell, ce n’est pas ta vie, ni tes conséquences. Je vais aller me saouler jusqu’à plus savoir comment je m’appelle et tu ne pourrais rien changer à ça. Je te demanderais juste d’être la super amie que tu es toujours et de me tenir les cheveux, demain matin quand l’alcool ressortira.

Nell : Tu comptes boire seule ?

Léa : Non, je sens que la paire d’yeux qui se promènent sur moi depuis le début de la soirée sera ravi de se murger avec moi.

Nell : Non, ne fais pas ça !

Léa : Je vais boire, quoique tu dises !

Nell : Tu sais très bien que je ne parle pas que de ça…

Léa : Je pourrais toujours faire comme si je me souviens pas…

Nell : Léa…

Léa : …

Nell, dépitée : Ok ! Je serais là pour te tenir les cheveux demain matin et pour t’aider à chasser toute la culpabilité qui ressortira de cette nuit….

Léa, reconnaissante : Merci.

Léa attrape deux coupes de champagne et se dirige vers Florian.

XII/3 : Parallèle – Paris / Djerba – Appartement de Billy / Chambre de Florian  – Dimanche – 1h00 :

Les mains se promènent et glissent sur les corps. Les êtres ne font plus qu’un pour des sommets d’extase et de plaisir.

XII/4 : Djerba – Chambre de Florian  – Dimanche – 7h00 :

Léa et Florian sont endormis l’un à côté de l’autre en se faisant face. Les rayons du soleil commencent à remplir la pièce. Léa émerge et réalise ce qui s’est passé pendant la nuit. Elle essaye de quitter le lit sans faire de bruit, mais un téléphone sonne. Florian attrape le téléphone, écoute, raccroche et attrape Léa pour la retenir.

Léa : Et merde !

Florian : Tu as vraiment cru que tu allais pouvoir filer en douce ?

Léa : Je ne suis pas très fan des lendemains de fête arrosée…

Florian : Je ne suis pas fan non plus….

Léa : On a ?

Florian : Pour le premier round, je pense. Pour les suivants, c’est un peu flou… N’empêche, je sais pas comment je fais pour m’en rappeler, vu les litres d’alcool qu’on a ingurgité.

Léa : Ca me revient… Le bar, puis le minibar… Ma tête et mon estomac s’en rappellent bien aussi…

Florian : Je pensais pas que tu avais une telle descente !

Léa : Je m’étonne parfois, moi-même ! C’était une erreur, une sorte d’acte désespéré qui ne se reproduira jamais, d’accord ?

Florian : J’allais même te proposer d’oublier totalement ce qui s’est passé, de faire comme si de rien n’était…

Léa : C’est parfait ! Tu me libères maintenant ?

Florian : Oui, dépêche-toi ! Le téléphone, c’était le réveil !

Léa : Et c’est maintenant que tu le dis ! Oh ! Putain ! En plus, je sens que l’alcool remonte…

Florian : Ah non ! Dans ta chambre !

Elle lui tire la langue, enfile ses vêtements en vitesse et se faufile hors de la chambre.

XII/4 : Djerba – Chambre de Léa  – Dimanche – 7h30 :

Nell, un sac à la main, entre dans la chambre à la volée poussant la porte laissée entrouverte par Léa.

Nell : Léa ?

Léa, mal en point : Salle de bain…

Elle trouve Léa agenouillée devant la cuvette des WC.

Nell : Félicitations, mademoiselle ! Je vois que la nuit biture et baise avec un homme marié à porter ses fruits !

Léa : Pas trop fort… ma tête…

Nell ouvre le sac en sort l’aspirine et le jette dans le verre à dent où il fond tranquillement. Elle s’assoit à côté de Léa. Elle regroupe ses cheveux en chignon, défait sa propre pince cheveux et attache les cheveux de Léa avec. Elle attrape le verre et le tend à Léa.

Nell : Tiens !

Léa, l’attrapant : Merci…

Elle replonge dans la cuvette des WC et boit l’aspirine.

Nell : Et tu te sens comment, là ?

Léa : Je ne sais pas…

Nell : Tu peux m’avouer que tu es mal ! J’aimerais que tu comprennes un jour que ça ne sert à rien de faire ça, si ce n’est repoussé la souffrance et en générer d’autres…

Léa : Plus tard, la morale, s’il te plaît….

Nell : C’est juste que je n’aime pas te voir comme ça…

Léa ne peut retenir une larme, puis une autre et fond littéralement en sanglot. Nell la prend dans ses bras et elles restent ainsi toutes les deux sur le sol froid de la salle de bain.

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