Séquence 2

II/1 : Université de Paris X Nanterre – Lundi – 11h30 :

Une petite coccinelle verte pomme fait son entrée sur le parking de l’université. Léa est au volant. Elle se gare et sort de sa voiture. Elle semble pressée. Elle rentre dans l’université, puis dans un amphithéâtre. Elle se dirige vers un groupe de trois filles déjà installées. La plus éloignée de Léa est petite, un peu ronde et brune. La seconde est châtain clairs, plutôt grande et élancé. La dernière est blonde et petite.

La dernière : 15 minutes d’avance ? Il va neiger !

La seconde : Ou une heure et demi de retard, Audrey ! Ca dépend de quel cours, on parle !

La plus éloignée : Mag, elle est là, c’est déjà un miracle en soi !

Léa : Très drôle Milie ! J’ai pas du rater grand-chose de toute façon…

Audrey : Juste une feuille de présence…

Léa : En cours magistral ?! Dîtes-moi que vous avez signé pour moi ?

Mag : Oui, on est des vilaines faussaires !

Léa : Merci ! Mais pourquoi il a fait circuler une feuille de présence ?

Milie : On était vingt !

Léa : Il ferait mieux de se demander pourquoi vous n’étiez que vingt !

Mag : On a failli lui dire, mais on a jugé que ce serait pas bon pour le partiel !

Léa : Je vous préviens. J’ai rien dormi depuis dimanche 16h, alors je suis là, mais aucune garantie quant à la prise de notes !

Milie : Tu es au courant, que c’est la nuit que tu es censée dormir ?

Léa : Disons que pendant que certains dorment, d’autres travaillent !

Audrey : Je sais pas comment tu fais pour travailler de nuit !

Léa : L’habitude et en général, je me recouche avant ce cours, mais un beau brun m’a invité à prendre un petit déjeuner.

Milie : Le beau brun de l’autre soir ?

Léa : Celui-là même !

Audrey : Mais vous n’avez pas échangé de numéro de téléphone !

Léa : Il est passé au McDrive peu avant que je ne termine, et le monde est petit !

Milie : Alors, raconte ce petit déjeuner !

Léa : C’était intéressant !

II/2 : Terrasses d’un café – lundi 6h20 :

Billy et Léa sont assis à une table. Ils boivent du café et mangent des croissants.

Billy : En dehors de la radio, tu fais autre chose ?

Léa : Je vais en cours !

Billy : Et tu dors de temps en temps ?

Léa : Plus que tu ne pourrais le croire !

Billy : Mais je ne crois rien !

Léa : Faut bien que les cours magistraux servent à quelques choses !

Billy, riant : C’est bien vrai ! Et tu fais quoi comme études, alors ?

Léa : Je suis en dernière année de licence de cinéma et je tente pour la deuxième fois ce fichu concours d’entrée à la FEMIS ! Et toi ?

Billy : Comme tu l’as vu, je bosse à l’UGC de la Défense et je suis étudiant en droit à Paris X Nanterre.

Léa : C’est là, qu’on voit que cette fac est grande !

Billy : Tu y es aussi ?

Léa : Absolument ! 9h par semaine !

Billy : 9h ? C’est tout ?!

Léa : C’est pas comme ça en droit ?

Billy : On se rapproche quand même plus des 20h !

Léa : Les deux premières années, j’avais une vingtaine d’heures aussi.

Billy : Effectivement, ça te laisse du temps pour dormir !

Léa : Et puis, j’ai un emploi du temps aménagé, qui fait que je ne vais en cours que deux jours dans la semaine : Le lundi et le jeudi.

Billy : Cette chance !

Léa : Enfin, tu n’as pas l’air de dormir beaucoup, si tu écoutes mon émission.

Billy : En règle générale, je m’endors avec ta voix.

Léa : Ravie de voir que j’ai un effet somnifère !

Billy, riant : Ca me change !

Léa : De quoi ?

Billy : De ma copine, qui est plus du genre dépressive qu’à faire de l’humour.

Léa, encaissant : Et comment s’appelle, l’heureuse élue ?

Billy : En fait, tu la connais. Elle était au lycée avec nous, c’était même ta meilleure amie.

Léa : Non ? Arrête ! Tu sors avec Julie ?!

Billy, hochant la tête : Oui.

Léa : Alors, il y a trois options. Un : Ton nom de code, c’est « endurance », ce qui ne serait pas pour me déplaire. Deux : Je crains pour ta santé mentale. Trois : Elle a vraiment du changé depuis la dernière fois qu’on s’est vu !

Billy, explosé de rire : Elle n’a absolument pas changé. Ma santé mentale se porte plutôt bien et mon nom de code n’est pas mon seul point commun avec ce cher Logan Echolls !

Léa, riant : Je demande à voir !

Ils rigolent tous les deux de bon cœur.

Billy : Elle n’a jamais voulu me dire pourquoi elle ne t’adressait plus la parole.

Léa : On avait pas la même définition du mot « traînée ».

Billy : Je comprends pas.

Léa : Tu te rappelles de Mégane ?

Billy : Oui, vous étiez toutes super copines et il y avait Andréanne aussi, que je vois toujours, c’est ma meilleure amie.

Léa : Et bien, ma petite Mégane a commencé à se lâcher un peu et à participer à des soirées. Comme toutes jeunes filles de 20 ans, normalement constituée, elle se laissait inviter à danser par des mecs et avait le bon sens de refuser leurs avances. Jusque là, on est d’accord, sur le fait que c’est normal ?

Billy : Oui.

Léa : Pour Julie, elle se conduisait comme une traînée ! Elle m’a démoralisé ma petite Morgane, qui s’amusait bien ! Alors j’ai pété un câble et je lui ai dit ses quatre vérités. J’ai dit des choses très méchantes, mais tellement vraies ! J’ai jamais regretté de l’avoir éjectée de ma vie. Mégane n’a jamais digéré non plus de cette faite traitée de traînée de la sorte et elle a également coupé les ponts. Andréanne a suivit peu de temps après. En plus, elle passait son temps à dénigrer toutes choses bien qui nous arrivaient. Ca a été la goutte d’eau qui a fait débordé le vase.

Billy : Le plus grave dans tout ça, c’est que je ne suis pas surpris. C’est totalement, elle.

Léa : Je passais limite pour un ange à côté de Mégane, à ses yeux, alors que j’avais pas mal de choses à me reprocher à cette époque !

Billy : Pourquoi tu dis, ça ?

Léa, regardant sa montre : Je me lancerais bien dans le chapitre des ex, mais j’aimerais bien repasser chez moi avant d’aller à la fac, donc ce sera pour une prochaine fois. Si on pouvait ne pas en parler du tout, ce serait même bien.

Billy : Tu peux toujours espérer ! Tu en as trop dit !

Léa, se levant : Merci pour le petit déjeuner.

Billy : De rien.

Léa pose une bise sur sa joue.

Léa : A la prochaine !

Elle commence à marcher mais revient sur ses pas. Elle sort un stylo de son sac. Elle lui prends la main et commence à écrire.

Billy : C’est sur que ce sera plus facile.

Elle part en lui faisant un clin d’œil.

II/3 : Université de Paris X Nanterre – Lundi – 11h40 :

 

Léa vient de raconter le fameux petit déjeuner, en omettant cette histoire de radio.

Milie : Ca promet !

Audrey : C’est pas bien de draguer les mecs pris !

Léa : Ce n’est pas moi qui ait commencé, non plus !

Audrey : Et tu crois que c’est une raison ?

Léa : De toute façon, je peux pas me la voir, cette fille !

Audrey : Ca te pose aucun problème ?

Léa : Sur ce coup, aucun !

Un homme d’une trentaine d’années descend l’amphithéâtre.

Léa : En parlant de beau gosse !

Milie : Je te soupçonne de venir à ce cours, uniquement pour le voir !

Léa : Et pour la matière aussi !

Milie veut répondre quelque chose, mais le professeur démarre son cours.

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