Séquence 6

VI/1 : Appartement de Léa – Vendredi – 13h :

Léa finit de préparer son sac à dos. On sonne à la porte. Elle va ouvrir. C’est Billy.

Léa : Pile à l’heure !

Billy : Je t’avais dit !

Léa, attrapant son sac à dos et ses clés : Allez, on bouge !

Billy acquiesce et ils passent la porte chacun, leur tour.

VI/2 : Disneyland Resort Paris – Vendredi – 14h :

Léa gare sa voiture sur le parking et ils sortent de la voiture. Ils se glissent sur les tapis roulants menant au parc.

Billy : Alors comme ça, tu as un passeport annuel ?

Léa : Et ça te déçoit ?

Billy : Non, je suis plutôt surpris. J’imaginais pas que tu pouvais vouer une admiration à ça.

Léa : J’adore ! T’en parles comme si c’était la peste incarnée !

Billy : Je ne dirais pas ça, mais c’est pour les gamins. Je vois pas comment tu peux toujours t’amuser en y allant régulièrement. C’est marrant une fois dans l’année.

Léa : J’y vais au moins une fois, toutes les trois semaines et ça ne perd jamais de son charme. Je déconnecte quand je viens, ici. Je passe une demi-journée, ici et j’ai la pêche pendant quinze jours !

Billy : Mais qu’est-ce qui te plait tant dans Disneyland ?

Léa : L’impression d’être dans un autre monde ou dans un rêve, de voir les personnages de mon enfance, danser pendant la parade, cette ambiance de fête même quand le parc n’est pas blindé, enfin tout !

Billy : T’es accro quoi !

Léa : Je suis ce qu’on appelle une acharnée de Disneyland.

Billy : Et tu y vas seule ?

Léa : La plupart du temps, mais ça ne me dérange pas. Je connais des employés à force et puis je croise souvent d’autres acharnés !

Billy : Tu sais qu’Andréanne bosse là ?

Léa, riant : Oui, sur Big Thunder Mountain ! Elle me fait passer par la sortie quand il y a foule !

Billy, riant : Veinarde ! Elle veut jamais !

Léa : Je connais son manager aussi.

Billy : Pistonnée !

Léa lui tire la langue. Ils arrivent au contrôle Vigipirate, ils montrent leur sac et continuent leur chemin.

Billy : On commence par quoi ?

Léa : Par acheter ton billet !

Billy : C’est là que ça fait mal !

Léa : Il y a un tarif étudiant !

Billy : Ah bon ?

Léa : Et oui ! Question ultime : un ou deux parcs ? Je dirais un, parce qu’il est déjà 14h et le parc ferme à 19h, mais après c’est toi qui vois.

Billy : On va se contenter d’un seul !

Léa : C’est par là, alors !

Ils se dirigent vers le ticketing. Billy achète son entrée et ils rentrent dans le monde merveilleux de Disneyland. En ce mois d’octobre, le parc est aux couleurs d’Halloween et du 15ème anniversaire du parc.

Billy : Pourquoi j’ai accepté de te suivre ?

Léa : Parce que je suis irrésistible, voyons !

Billy soupire. Léa l’attrape par le bras.

Léa, riante : Allez viens !

Elle l’entraine au sein du parc.

V/3 : Disneyland Resort Paris – Vendredi – 19h :

Billy et Léa sortent du parc Disneyland. Léa a troqué ses baskets contre des talons et est maquillée.

Billy : J’y crois pas ! Tu te fais belle pour tes copines et pas pour moi !

Léa : Comme ça tu sais comment je suis au naturel et t’auras pas de surprise plus tard !

Billy : C’est une façon de voir les choses.

Léa, indiquant la gare : Bon, le métro, c’est là-bas !

Billy : Tu veux pas qu’elles te voient avec moi ?

Léa : Non.

Billy : Pourquoi ?

Léa : Un, tu es avec Julie. Deux, je ne veux pas qu’elle apprenne comme ça que je t’ai revu et qu’on passe du temps ensemble. Trois, il y en a pas mais je cherche.

Billy laisse échapper un rire.

Billy : Je vais m’en aller alors…

Léa : Bah oui…

Léa se met sur la pointe des pieds et lui vole un simple baiser. Elle secoue la tête comme si elle s’en voulait de ce geste. Elle va pour partir. Il la rattrape et l’embrasse passionnément. Il se sépare sans un mot. Leur regard parle pour eux. Elle s’éloigne vers le Disney Village et lui vers le métro.

VI/4 : Disneyland Resort Paris – Vendredi – 19h30 :

Léa attend depuis un bon quart d’heure, Andréanne et Mégane, au pied du Planet Hollywood. Elles arrivent enfin. Elles se disent bonjour et se font la bise.

Léa : J’ai cru que j’allais prendre racine !

Mégane : Ca fait longtemps que tu nous attends ?

Léa : Juste 15 min, j’étais à la bourre aussi.

Andréanne : Ca va, c’est pas la fin du monde ! En plus, tu es une vilaine petite cachottière !

Léa : Comment ça ?

Andréanne : Je t’ai vu avec Billy, cette aprèm !

Léa : Je croyais que tu bossais pas aujourd’hui ?

Andréanne : Changement de dernière minute.

Mégane : C’est quoi cette histoire ? Billy ? Billy du lycée ?

Andréanne : Celui-là même !

Mégane : Je veux tout savoir !

Léa : Et si on en discutait en mangeant ?

Andréanne : Oui, j’ai faim !

Elle rentre dans le Planet Hollywood. Le serveur les installe à une table.

Mégane : Alors, raconte !!

Léa : Mais y a rien à raconter !

Andréanne : Si y a sûrement beaucoup à raconter, je n’avais pas vu Billy aussi heureux depuis des lustres !

Léa : C’est trois fois rien !

Mégane : Allez !!

Léa : Bon, je l’ai revu, la semaine dernière. On est allé à l’UGC de la Défense avec des copines de fac et après avoir tendu mon ticket à l’ouvreur, je me suis retrouvée nez à nez avec Billy.

Mégane : C’était lui l’ouvreur ?

Andréanne : Oui, c’est son job étudiant !

Léa : Je croyais que ça s’arrêterait là et lundi matin, il m’attendait à la sortie de la radio !

Andréanne : Oui, il est fan de ton émission !

Léa : T’as réussi à ne pas lui dire que c’était moi ?

Andréanne : Je préférais qu’il ne le sache pas.

Léa : Par rapport à Julie ?

Mégane : Que vient faire Julie là-dedans ? Enfin, on parle bien de la Julie du lycée ?

Andréanne : Oui, c’est la petite amie de Billy et oui, par rapport à Julie. Ca aurait mis de l’eau supplémentaire à son moulin.

Léa : Donc ça ne va pas entre eux ?

Andréanne : Chaque chose en son temps, finis ton histoire !

Léa : On a pris un petit déjeuner ensemble et il a passé la nuit de lundi à mardi avec moi à la radio. Il m’a raccompagné chez moi et on a dormi, et juste dormi, ensemble. Quand je me suis réveillée, il n’était plus là, mais il avait préparé le petit déjeuner. Il m’a rappelé le jour même pour qu’on se revoie, d’où cette aprèm, ensemble à Disneyland.

Andréanne : Tu nous as tout dit où je vais apprendre d’autre chose ?

Léa : J’ai tout dit !

Andréanne : Et ça ne te gêne pas qu’il ait une copine ?

Léa : S’il n’est pas heureux avec, ça ne me pose aucun problème !

Mégane : Et ça fera les pieds à Julie !

Andréanne : Surtout qu’elle lui en fait baver, mais cet abruti arrive pas à la quitter !

Léa : Pourquoi ?

Andréanne : Il a peur qu’elle fasse une boulette.

Mégane : Si elle avait du se foutre en l’aire, elle l’aurait fait depuis longtemps !

Léa : C’est bien vrai !

Andréanne : Je le comprends dans un sens. Elle est tellement bizarre, cette Julie ! J’espère que tu arriveras au moins à le faire quitter Julie !

Léa : Et donc, tu ne l’avais pas vu aussi heureux qu’aujourd’hui ?

Andréanne : C’est clair ! J’étais contente, même si je me demande bien à quoi il joue.

Léa : Je finirais bien par le savoir !

Mégane : Je te fait confiance pour ça !

Andréanne : A fond !

Elles éclatèrent de rire et le serveur s’approche d’elles pour prendre leur commande.

VI/4 : Appartement de Billy – Vendredi – 20h30 :

Billy rentre chez lui. Il a un sac d’un fast-food bien connu à la main. Il se dirige vers le salon où la télé semble allumée. Il trouve Julie endormie dans le canapé. Il pose le sac sur la table basse et se cale dans un petit coin du canapé. Julie bouge et se réveille.

Julie, endormie : Salut…

Billy : Salut…

Julie : Il est quelle heure ?

Billy : Environ 20h30.

Julie : Tu m’embrasses pas ?

Billy : Et toi ?

Elle commence à bouder et il l’embrasse. Il sort son portable et le rallume.

Julie : Tu as fait quoi cet aprem ?

Billy : J’ai trainé à la BU pour un cas pratique avec Julien et Matt.

Julie : J’étais à la BU, cette aprem. J’ai bien vu Matt et Julien, mais tu brillais par ton absence.

Son portable sonne. C’est un sms de Julien. On peut lire sur l’écran : « Julie était à la BU avec nous, fait attention à ce que tu vas raconter. Ca s’est bien passé ? A+. Julien »

Billy : …

Julie : Tu étais avec Léa ?

Billy : Non.

Julie : Me prends pas pour une idiote !

Billy : Lâche-moi, Julie ! J’ai le droit d’avoir un jardin secret !

Julie : Non !

Billy : Rentre chez toi, Julie !

Julie : Pourquoi ?

Billy : J’ai besoin d’être tout seul !

Julie : Je te déteste !

Elle se lève comme furie, attrape ses affaires et sort de l’appartement.

VI/5 : Disneyland Resort Paris – Vendredi – 21h30 :

Léa, Mégane et Andréanne mangent leur dessert.

Mégane : Du coup, Léa, tu as laissé tomber l’affaire « Florian » ?

Léa : J’ai jamais réellement lancé quoique ce soit.

Andréanne : Il te tournait pas autour ?

Léa : Plus ou moins, mais il est marié.

Mégane : Et c’est pas son premier mariage ?

Léa : Oui, c’est le troisième et ils ont eu un enfant, il y a quelque mois.

Mégane : Ils sont pas croyable ces mecs ! Ils ont mariés avec des gosses jusqu’au coup et ils veulent quand même faire tourner la tête d’une pauvre célibataire !

Léa : T’es pas obligée de céder non plus !

Andréanne : Et que cache cette remarque ?

Mégane : Rien du tout ! C’est une constatation.

Léa : A d’autres ! Allez raconte !

Mégane : Mais je vous dis qu’il y a rien !

Léa : Si tu parles, je vous ai dit ce que je n’ai pas dit sur Billy et moi…

Andréanne : Je le savais que t’avais pas tout dit !

Mégane : Il est bon ce dessert, non ?

Léa : Qu’est-ce tu nous as encore fait ?

Mégane : Rien !

Andréanne : Mégane !

Mégane : Bon, c’est mon chef d’externat !

Léa : Promotion canapé en plus !

Mégane : Tu parles !

Andréanne : Il est mignon, au moins ?

Mégane : C’est un dieu grec !

Léa : Rien que ça ?

Mégane : Bon, alors qu’est-ce tu nous caches ?

Léa : Change pas de sujet !

Mégane : Je suis folle de son corps ! Voilà, t’es contente ?

Léa : Tout à fait !

Andréanne : Mais tu es consciente que c’est pas très sain ?

Mégane : C’est juste une passade et puis, comme le dit Léa, si ça peut aider à avoir mon année !

Andréanne : Tu me tues !

Mégane : Bon, Léa, qu’est-ce tu nous caches ?

Léa : Rien, c’était pour que tu parles !

Mégane : Menteuse !

Léa : On s’est embrassé !

Andréanne : Vous êtes pas croyables toutes les deux ! Pas une pour rattraper l’autre. Ils sont pris, réveillez-vous !

Léa : Attends, j’étais pas toute seule pour ce baiser. Il me l’a bien rendu !

Andréanne : Parce qu’en plus, c’est toi qui l’a provoqué !

Léa : Oui, comme une pulsion. J’ai eu envie de poser mes lèvres sur les siennes. Je sais pas, c’était dans l’instant. C’était juste un petit bisou comme ça et il m’a rattrapé. C’est lui qui m’a réellement embrassée en fait !

Andréanne : C’est bien connu, ce n’est jamais votre faute !

Léa et Mégane : Jamais !

Andréanne : Bande de garces !

Léa et Mégane échangent un regard.

Léa et Mégane : Et fière de l’être !

Elles éclatent de rire, toutes les trois.

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