Séquence 7

VII/1 : Appartement de Billy – Samedi – 1h :

Billy est endormi dans son lit. Le téléphone sonne. Il sort un bras de la couette et attrape son téléphone.

Billy : Hum ?

… : Billy ?

Billy : Hum hum…

…: C’est Philippe, le papa de Julie.

Billy, se redressant d’un coup et craignant le pire : Il se passe quelque chose de grave ?

Philippe : Julie est à l’hôpital. Elle s’est fait renversée par une voiture en bas de notre immeuble.

Billy : Et elle va bien ?

Philippe : Elle a quelques contusions et s’est démise l’épaule. Elle est juste sonnée, mais elle te réclame.

Billy : Elle est où ?

Philippe : Elle est à Saint Joseph / Saint Luc. Il la garde en observation pendant 48h.

Billy : Merci de m’avoir prévenu. Je vais être franc avec vous. J’ai eu peur que vous m’appeliez pour autre chose au départ.

Philippe : Non, je ne pense pas qu’elle ait tenté de se suicider, mais j’ai eu la même peur que toi. Il s’est passé quelque chose ?

Billy : On s’est disputé et je l’ai mise dehors.

Philippe : Billy, il serait temps que vous discutiez réellement.

Billy : Je sais bien…

Philippe : Je sais que tu as peur des conséquences, mais il faut que tu sois franc avec elle.

Billy : Je ne comprends pas pourquoi votre fille est si fermée avec vous.

Philippe : Crois-tu vraiment qu’elle le soit moins avec toi ?

Billy, laissant échapper un rire : Vous avez raison. Je suis là, dans une trentaine de minute.

Philippe : A tout à l’heure Billy.

Il raccroche et se lève.

VII/2 : Urgences de l’hôpital St Joseph / St Luc – Samedi – 1h30 :

Billy traverse le couloir anxieux et entre dans une des chambres. Julie est endormie sur un des lits de la chambre et une perfusion est reliée à son bras. Billy s’assoit sur la chaise à côté du lit et lui prend la main. Il ne réalise que maintenant les événements des dernières heures, il semble perdu et pleure. Il ne voit pas Julie se réveiller et poser une main réconfortante sur sa tête.

Julie : Billy ?…

Billy, relevant la tête pour la regarder dans les yeux : Je suis désolé. Je n’aurais pas du te parler comme ça…

Julie, fuyant son regard : …

Billy : Oui, je passe du temps avec Léa en ce moment.

Julie : Je ne vais pas faire comme si je le savais pas…

Billy, surpris : …

Julie : Profite de la morphine !

Billy, riant : Je me disais aussi !

Elle lui donne un gentil coup de point dans le bras.

Billy : Aïe !

Julie : Qu’est-ce que je devrais dire ?

Billy : J’ai rien dit ! (Hésitant) Je peux te poser une question ?

Julie : Non, je n’ai pas tenté de me suicider. J’étais perdue dans mes pensées et je n’ai pas fait attention. Non, ce n’est pas encore aujourd’hui que tu auras ma mort sur la conscience !

Billy : Comprends que c’est quand même assez angoissant de se dire qu’une moindre phrase peut engendrer quelque chose d’aussi dramatique, non ?

Julie : Oui, c’est compréhensible. Tu me trompes, alors ?

Billy : Non. Enfin, je ne crois pas. Elle est tellement différente de toi.

Julie : C’est sur que dans le genre, la terre tourne autour de mon nombril, elle se pose là !

Billy : Elle n’est pas comme ça !

Julie : C’est parce que tu ne connais pas la vrai Léa. Celle qui est imbus d’elle-même, se prend pour Miss France et qui se croit la fille plus irrésistible de la planète !

Billy : Tu ne vas pas nier qu’elle a quelques atouts, tout de même !

Julie : J’oubliais sa voix d’allumeuse !

Billy : Tu es juste jalouse parce qu’elle est bien dans sa peau et pas toi ! (S’énervant) Mais bordel ! Julie ! Quand est-ce que tu vas comprendre que tu as autant de potentiel qu’elle !! Il suffirait juste que tu accroches un putain de sourire à tes lèvres, que tu dévoiles un peu ton décolleté et que tu mettes un peu de couleur, ou sans même allez jusque là, du blanc ! Il tomberait tous comme des mouches et j’aurais vraiment du souci à me faire ! Qui j’ai choisis ? Avec qui je passe ma vie depuis près de 3 ans, maintenant ? Tu es aussi bien que Léa !

Julie, retenant ses larmes : Pourquoi tu la revois, alors ??

Billy : Parce que je n’en peux plus de te voir souffrir comme ça, que tu me renvois ta souffrance en pleine tête alors que je ne suis pas responsable ! J’en peux plus Julie de te voir comme ça, de pas savoir quoi te dire ou quoi faire pour que tu daignes me décrocher un micro sourire. Je t’aime, à un point que tu n’imagines même pas ! Mais je ne peux plus ! J’ai besoin de vivre moi aussi !! Léa me fait rire, elle au moins ! Elle ne passe pas son temps à me reprocher des trucs !

Julie, en larme : Et elle, tu l’aimes ?

Billy : Non. Enfin, je ressens quelque chose pour elle, mais ce n’est pas de l’amour.

Julie : Tu as envie d’elle ?

Billy : J’ai toujours eu envie de Léa, ça va pas changer aujourd’hui, et puis…

Julie : Oui ?

Billy : Non, je ne vais pas te reprocher ça.

Julie : Vu le nombre de reproches que je fais, tu peux bien en faire un ou deux…

Billy : Je reste un mec…

Julie : Je n’ai pas envie. Je ne vais pas me forcer non plus !

Billy : Ce que j’aimerais comprendre, c’est pourquoi justement ?

Julie : Je ne sais pas… Tu es adorable et tout, mais je ne sais pas…

Billy : Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer longtemps comme ça… Malgré tout l’amour que je te porte, je n’en peux plus. Je ne suis pas heureux… Je n’arrive pas à te quitter parce que je t’aime plus que tout et que j’espère chaque jour que tu vas aller mieux. Il faut que tu fasses quelque chose…

Julie : Je sais… Pourquoi tu ne le dis que maintenant ?

Billy : Revoir Léa m’a fait réagir. J’ai vu que je pouvais être heureux, même si je ne l’aime pas comme je t’aime et je ne l’avais pas vraiment compris avant. Je pensais que je serais encore plus malheureux sans toi.

Julie : Lance lui des roses tant que tu y es !

Billy : Ne la blâme pas ! Ce n’est pas sa faute… Ca aurait pu être n’importe qui d’autre !

Julie : Elle ne représente rien, alors ?

Billy : Pour le moment, non.

Julie : D’accord… Tu veux pas dormir avec moi ? Juste dormir.

Billy : Bien sur que si !

Il se glisse à ses côtés et la prend dans ses bras.

VII/3 : UGC Ciné Cité de la Défense – Samedi – 21h30 :

Billy est à son poste d’ouvreur. Il indique les salles aux spectateurs. Léa entre dans le cinéma, se dirige vers une borne, prend sa place, paye son parking et se diriger vers Billy. Elle lui tend son ticket.

Billy : Je suis sur que tu l’as fait exprès !

Léa : Ca y est Monsieur se croit irrésistible !

Billy : C’est pas mon genre !

Léa : Si je peux même plus aller au ciné sans que ce soit suspect, ça devient grave !

Billy : Je plaisantais !

Léa, dans un sourire taquin : Moi aussi ! Bon, tu me la rends cette place ?

Billy, arrachant le ticket : Oui, pardon !

Léa : T’inquiète, je trouverais bien ma salle !

Elle lui tire la langue. Il la retient.

Billy : On va boire un verre après ta séance ?

Léa : Recommence avec le verbe « inviter », tu auras peut-être plus de chance !

Billy : Puis-je t’inviter à boire un verre après ta séance ?

Léa : Oui !

Billy : Je t’attends devant le ciné.

Léa : Ca marche.

VII/4 : UGC Ciné Cité de la Défense – Samedi – 0h00 :

Billy attends Léa adossé au mur. Elle sort enfin du cinéma.

Billy : Enfin !

Léa : J’aime me faire désirer !

Billy : Je vois ça.

Léa : Je suppose que c’est moi qui conduis ?

Billy : Tu suppose bien.

Léa : Je nous conduis où ?

Billy : L’Abracadabar, ça te va ?

Léa : Ils ont un thème, ce soir ?

Billy : D’habitude, personne ne connaît et oui, c’est Salsa, ce soir.

Léa : Et on attend quoi ?

Billy : Mais que tu te décides bien sur !

Léa, l’attrapant par le bras : Genre !

Ils rigolent et se dirigent vers le parking.

VI/5 : L’Abracadabar – Dimanche – 1h30 :

Léa et Billy sont assis à une table. Les verres semblent défiler.

Léa : Faut que j’arrête là. Je vais jamais réussir à me ramener chez moi !

Billy, riant : Qui a dit que j’allais te laisser rentrer chez toi ?

Léa : Faut pas prendre tes désirs pour la réalité !

Billy : Je parlais bien sur de t’emmener sur la piste de danse et de danser la salsa jusqu’au bout de la nuit !

Léa : Même pas je te crois !

Billy : Non, tu as raison, je suis pas encore assez entamé pour danser !

Léa : Tu vois ! On va remédier à ça, tout de suite !

Elle attrape le barman qui leur rapporte aussitôt un autre verre.

Billy : Je croyais que tu arrêtais ?

Léa : Tu veux que je me tortille sur la piste de danse ou pas ?

Billy : Je raterai ça pour rien au monde !

Léa : A la tienne, alors !

Ils trinquent.

Billy : Moi, je sais ce que je cherche à oublier, mais toi ?

Léa : Je ne sais pas. J’ai juste envie de m’amuser ! Et toi ? C’est Julie ?

Billy : Oui…

Léa, se levant : On s’en fout du quotidien ! Vient me montrer ce que tu vaux sur une piste de danse !

Billy : Tes désirs sont des ordres !

Léa : T’as plutôt intérêt à assurer, parce que tu sais ce qu’on dit ?

Billy : Non ?

Léa, pliée de rire : Un bon danseur est un bon coup !

Billy, dans le même état : Tu me testes en fait ! T’as pas honte ?

Léa : Mais c’est bon la honte !

Il la pousse sur la piste de danse. Ils dansent la salsa jusqu’au petit matin.

VII/6 : Devant l’immeuble de Billy – Dimanche – 5h30 :

Billy et Léa sont dans la voiture de Léa devant l’immeuble de Billy.

Léa : Allez ! Sors de ma voiture !

Billy : J’ai pas envie !

Léa : Tu vas bien être obligé pourtant ! Je compte rentrer chez moi, seule !

Billy : Pourquoi ?

Léa : Dans l’ordre, je te rappelle que tu es pris, je préfère cuver seule et j’ai besoin de dormir.

Billy : Tu crains ! C’est pas bien de me ramener à la réalité comme ça !

Léa, taquine : Pauvre petit chou !

Billy, taquin : Je suis vexé ! Je boude !

Léa : Genre !

Billy : Genre vrai !

Léa : Ma voiture n’accueille pas les boudeurs… Désolé ! Alors, oust !

Billy : Est-ce que je suis autorisée à te voler un baiser malgré tout ?

Léa : On t’a jamais dit que les filles préféraient les baisers au long discours ?

Billy : Maintenant que tu le dis !

Léa : Allez va dormir !

Juste avant de sortir de sa voiture, il lui vole un tendre baiser et finit par sortir de la voiture. Arrivé à la porte de l’immeuble, il lui envoie un baiser. Elle part. Il entre dans l’immeuble, puis dans l’ascenseur. Il sort son portable.

Billy : Andréanne, c’est Billy. Je sais que tu dors surement à cette heure, mais si je ne te laisse pas ce message, maintenant, je ne le ferais jamais. Je revois Léa. Je suis entrain de déconner grave ! Je sais plus du tout où j’en suis. Appelle-moi quand tu auras ce message et que les vapeurs d’alcool auront quitté mon corps. Bisous !

Il range son portable et sort de l’ascenseur.

Laisser un commentaire


eXTReMe Tracker