Séquence 8

VIII/1 : Appartement de Léa – Dimanche – 13h :

Son portable vibre et se déplace tout seul sur la table de nuit. Le bruit des vibrations sur la table de nuit résonne dans toute la pièce. Léa sort difficilement un bras de sous la couette et attrape son portable.

Léa : Moui….

… : Salut Léa, c’est Andréanne ! Tu vas bien ?

Léa, se tenant la tête : J’ai connu mieux…

Andréanne : Comment ça ?

Léa : Je suis sortie, hier soir et j’ai un peu abusé sur les margharitas…

Andréanne : Je t’appelais pour ça, justement.

Léa : Comment ça ?

Andréanne : J’ai un message de Billy sur mon portable.

Léa : Et ?

Andréanne : Qu’est-ce qu’il s’est passé cette nuit ?

Léa : Euh…bah…rien. Pourquoi ?

Andréanne : Vraiment rien ?

Léa : Non, pourquoi ?

Andréanne : Billy est quoi pour toi ?

Léa : J’en sais rien… Il disait quoi ce message ?

Andréanne : Je pense que tu ne préfères pas savoir.

Léa : Pourquoi tu m’appelles alors ?

Andréanne : Je veux savoir quel discours, je dois tenir.

Léa : Je sais pas si c’est le fait que j’ai des marteaux piqueurs en guise de cerveau, mais je ne comprends absolument pas où tu veux en venir !

Andréanne : Est-ce que tu tiens à Billy ou pas ? Est-ce que ça vaut le coup qu’il prenne le risque de quitter Julie ?

Léa : Mais qu’est-ce que j’en sais ? Ce n’est pas à moi de prendre cette décision !

Andréanne : Léa, arrête d’être insouciante au moins deux minutes !

Léa : Je ne veux pas m’engager et tu le sais ! J’ai envie de quelqu’un dans ma vie, mais je ne peux rien promettre.

Andréanne : Chat échaudé craint l’eau froide…

Léa : Je ne sais pas ce que je veux. Je ressens quelque chose pour lui, mais s’il aime vraiment Julie, comme j’ai aimé qui tu sais, je n’en vaux pas le coup.

Andréanne : Il l’aime comme ça…

Léa : En fait, je ne suis pas vraiment à mettre en cause. Enfin, je pense. Ca aurait pu être n’importe qui d’autre. Je pense qu’il a juste besoin de s’amuser et, soyons honnête, d’un peu de cul…

Andréanne : Ca fait six mois qu’ils n’ont pas, enfin, tu sais…

Léa : Ca fait combien de temps qu’ils sont ensemble ?

Andréanne : Trois ans.

Léa : Définitivement, endurance, c’est le bon mot !

Andréanne : Au début, elle n’était pas comme ça. La relation avec Billy lui avait fait du bien.

Léa, riante : Vu comment il danse la salsa, je veux bien te croire !

Andréanne : Je ne parlais pas que de ça, hein !

Léa : Je sais bien, mais on se refait pas ! Tu penses que notre départ de sa vie a joué aussi sur le peu de changement que Billy a connu ?

Andréanne : Elle l’a sous-entendu à Billy, qu’elle s’était posé quelques questions après qu’on ait coupé les ponts, mais c’est surtout lui qui a changé les choses. Je ne sais pas ce qui s’est passé pour qu’elle reprenne ses vieilles habitudes.

Léa : Le quotidien, peut-être ?

Andréanne : Ou sa mère. Billy n’arrive pas à comprendre, non plus.

Léa : Faut dire aussi que pour la faire parler, c’est pas simple !

Andréanne : Faudrait que tu donnes des cours à Billy sur le sujet !

Léa : Y a pas marqué Mère Térésa sur ma tête !

Andréanne : Ou alors une Mère Térésa en mode délurée !

Léa : Hannn ! Tout de suite !

Andréanne : C’est pas vrai ?

Léa : Un peu, mais j’en ai marre du sérieux ! Je veux m’amuser !!

Andréanne : C’est pour ça que tu t’entends si bien avec Billy, en ce moment !

Léa : Je sais pas où je vais mais j’y vais !

Andréanne : Promets-moi juste un truc…

Léa : Oui ?

Andréanne : Attends qu’il ait quitté Julie pour coucher avec, s’il te plaît…

Léa : Je ne vais pas te promettre ça, parce que ce n’est pas à moi d’avoir une conscience, mais soit certaine que je ne lui faciliterais pas la tâche.

Andréanne : J’espère bien ! Non, mais en fait, j’ai peur d’un truc…

Léa : Lequel ?

Andréanne, pliée de rire : Qu’après t’avoir goûté, il ne veule plus du tout retourné avec Julie !

Léa, pliée de rire : C’est flatteur pour moi, mais je pense qu’elle se débrouille bien quand même.

Andréanne : Elle ne donne pas beaucoup, si tu vois ce que je veux dire !

Léa : Dans quel sens ? Enfin, je veux dire dans le sens plaisir égoïste ou dans le sens, ils ne font ça que très rarement ?

Andréanne : Les deux ! Ca manque un peu d’originalité aussi, mais il l’aime alors il assume !

Léa : Alors, oui, tu as raison de t’inquiéter !

Andréanne : J’en doutais pas une minute, tu sais !

Léa : Dis, est-ce que je peux me recoucher ou tu as encore des questions ?

Andréanne : Non, j’ai fait le tour. Je vais l’embêter lui maintenant.

Léa : Tu me rappelles vers 17h pour me raconter ?

Andréanne : Je serais entrain de bosser. Je pars bientôt. Je t’envoie un mail, si tu veux.

Léa : Ok, ça marche !

Andréanne : Léa ?

Léa : Oui ?

Andréanne : Je suis fière de toi !

Léa : Pourquoi ?

Andréanne : Tu as réussi à mettre le verbe « aimer » au passé !

Léa : Je progresse doucement…

Andréanne : Doucement mais sûrement ! Allez, bonne fin de nuit !

Léa : Merci ! Bon courage pour Billy et le taff’ !

Andréanne : Merci ! A toute Léa !

Léa : A toute Andréanne !

Elle raccroche, se lève et va dans la salle de bain. Elle y récupère un cachet d’aspirine et se dirige vers la cuisine où elle attrape le premier verre qui passe. Elle y dépose l’aspirine et le remplit d’eau. Elle avale le contenu et retourne se coucher.

VIII/2 : Appartement de Billy – Dimanche – 13h15 :

Son portable sonne, vibre et se déplace tout seul sur la table de nuit. Le bruit des vibrations et de la sonnerie sur la table de nuit résonne dans toute la pièce. Billy sort difficilement un bras de sous la couette et attrape son portable.

Billy : Hum ?

… : Salut Billy, c’est Andréanne ! Tu vas bien ?

Billy : A part la grosse barre qui me traverse la tête, ça va et toi ?

Andréanne : C’est ça aussi de faire des folies de son corps !

Billy : J’ai juste bu et danser la salsa.

Andréanne : Oui et puis laisser un message lourd de sens sur mon répondeur. Tu t’en rappelles au moins ?

Billy : Bien sur, tu me prends pour qui ? C’est pas quelques margharitas qui vont me faire oublier ce genre de chose. Attends…

Andréanne : Oui ?

Billy : Pourquoi lourd de sens ?

Andréanne : Tu t’en rappelles ou pas ?

Billy : Oui, mais il ne m’avait pas semblé lourd de sens.

Andréanne : Je me fiche de toi, en fait !

Billy : C’est mal de faire ça à quelqu’un qui ne sent plus son cerveau !

Andréanne : Parce que tu en as un en temps normal ?

Billy : C’est l’hôpital qui se fout de la charité !

Andréanne : Alors qu’est-ce t’as fait comme grosse bêtise ?

Billy : Alors dans l’ordre : j’ai revu Léa. Je l’ai embrassé. Une première fois. Julie s’est fait renversé par une voiture dans la nuit de vendredi à samedi. Je me suis expliqué ave elle. Je lui ai dit que je revoyais Léa. Je ne lui ai pas dit que je l’avais embrassé. J’ai dansé la salsa et bu des margharitas avec Léa toute la nuit. Je l’ai à nouveau embrassé.

Andréanne : Alors, je vais poser des questions sur ce que je savais pas !

Billy : Parce que tu savais déjà des trucs ?

Andréanne : Je vous ai vu avec Léa à Disney, vendredi.

Billy : Je croyais que tu bossais pas ?

Andréanne : Changement de programme de dernière minute.

Billy : Mégane et toi avait donc cuisiné ma pauvre Léa. Vous avez pas honte ?

Andréanne : C’est bon la honte !

Billy : C’est votre credo à toutes les trois ou quoi ?

Andréanne : Entre autres !

Billy : Bon pose tes questions !

Andréanne : Ah, vi ! C’est vrai ! Julie va bien ?

Billy : Oui, des contusions et une épaule démise. Elle sort demain.

Andréanne : Qu’est-ce tu lui as dit ?

Billy : Tout ! Que j’en pouvais plus de la voir comme ça, de ce qu’est devenu notre relation, qu’il fallait qu’elle fasse quelque chose et qu’il ne fallait pas qu’elle blâme Léa, aussi.

Andréanne : En gros, tu lui as demandé la lune !

Billy : Non, j’ai été franc avec elle. Je lui ai dit que si elle ne changeait pas, je n’allais pas continuer longtemps comme ça !

Andréanne : Un grand pas a été fait. Elle t’a répondu quoi ?

Billy : Rien. Elle ne sait pas quoi faire non plus. Enfin, c’est l’impression qu’elle me donne. On a dormi ensemble.

Andréanne : Dormi-dormi ou dormi et plus si affinités ?

Billy : Dormi-dormi.

Andréanne : Et Léa ?

Billy : Je ne sais pas vraiment. Je ressens quelque chose pour elle, mais…

Andréanne : Mais ce n’est pas Julie.

Billy : Non, ce n’est pas l’amour que je porte à Julie, mais c’est clair que ce n’est pas du tout Julie et là, c’est plus un point positif pour Léa que pour Julie.

Andréanne : C’est deux opposés.

Billy : Léa me fait tellement de bien. Elle me fait rire. Je m’amuse avec elle. Ca m’est pas arrivé depuis tellement longtemps !

Andréanne : Tu sais… Je ne t’avais pas vu aussi heureux que vendredi, depuis bien trop longtemps !

Billy : J’ai l’impression qu’elle cache quelque chose, malgré tout. Je me trompe ?

Andréanne : Elle a beaucoup souffert et elle n’est pas prête de se réengager avant un bon bout de temps, mais ce n’est pas à moi de t’en parler. Elle n’en parle pas facilement. Laisse-lui le temps…

Billy : Ok. Je me sens complètement perdu, Andréanne !

Andréanne : J’avais cru comprendre…

Billy : Tu me conseilles quoi, concrètement ?

Andréanne : De laisser encore un peu de temps à Julie. Continue de lui parler. Essaye de l’aider au mieux, comme tu l’as toujours fait et laisse-toi vivre, ce passera ce qu’il devra se passer. Par contre qu’il faut que tu saches que Léa ne sera pas ta conscience.

Billy : Comment ça ?

Andréanne : La connaissant, elle ne va pas te faciliter la tâche, mais au moment J, tu seras seul face à ta conscience. Elle ne te dira pas que ce que tu fais, c’est mal.

Billy : Ok. C’est compréhensible. Ce n’est pas elle qui a des comptes à rendre. Ca n’aurait « aucune conséquence » pour elle.

Andréanne : Ne joue pas trop avec elle, non plus…

Billy : Elle a l’air de jouer, elle aussi.

Andréanne : J’en doute pas une minute, mais sous son côté frivole et insouciante, elle est encore fragile, alors fais attention à ce que tu fais…

Billy : Ou tu me casses mes dents ?

Andréanne : Aidez de Mégane, bien sur !

Billy : Je pourrais plus te parler après !

Andréanne : Ca me fera des vacances !

Billy : Je te parle plus, si c’est comme ça !

Andréanne : Ca tombe bien faut que j’aille travailler !

Billy : Oui, laisse-moi dormir encore un peu avant que j’aille travailler !

Andréanne : A toute, Billy !

Billy : A toute, Andréanne !

Il repose le portable sur la table de nuit et se pelotonne sous la couette.

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