Un soir d’été (NC-17)

Ce jour n’est définitivement pas le mien. Je viens de passer une journée de travail des plus horribles. Arrivée en retard, payant pour les bêtises d’une collègue incompétente, sans compter quelques remarques désobligeantes sur une de mes passions. A la sortie du travail, les choses auraient pu s’arrêter là. Et bien, non ! Marchant droit devant moi, mon ex ! N’était-il pas supposé être à des milliers de kilomètres ? J’aurais dû rester couchée, je le savais ! Je change de trottoir faisant mine de ne l’avoir pas vu. Il est coriace. Il change de trottoir aussi et je l’entends déjà appeler mon prénom.

 

Lui : Emma ! Emma !

 

Je me retiens de me retourner. Je ne veux pas lui parler et encore moins croiser son regard. Rien de sincère ne peut sortir de lui maintenant et le bref échange qui pourrait suivre va lui servir à alimenter les railleries de ses amis.

 

Lui : Emma ! Emma !

 

C’est essoufflé qu’il arrive à ma hauteur et m’attrape par le bras. Ne pas perdre la face, quoiqu’il arrive ! J’enlève mes écouteurs que j’avais baissés au minimum à la minute où je l’ai vu.

 

Emma : Oh ! Salut Dan !

Dan : Salut ! Ca va ?

Emma : Bien et toi ?

Dan : Chaudement !

Emma : Il est vrai.

Dan : Alors quoi de neuf ?

Emma : Comme si ça t’intéressait !

Dan : Tu m’en veux toujours ?

Emma : Non.

Dan : Pourquoi tu réagis comme ça, alors ?

Emma, soupirant : Parce que tu vas te servir de tout ce que je vais pouvoir dire ou faire pour amuser ta galerie !

Dan : Qu’est-ce t’en sais ?

Emma : Je te connais !

Dan : J’ai peut-être changé et puis tu trouves pas étonnant que le destin nous ait fait prendre la même rue ?

Emma : Je travaille à deux rues de chez tes parents ! C’est surtout étonnant que ça ne soit pas produit plus tôt !

Dan : Je ne suis pas souvent en France.

Emma : Non ? Sans déconner ? J’avais pas remarqué !

Dan, riant : Pourquoi tant de haine ?

Emma : A ton avis ?

Dan : Je pensais que tu étais passée outre nos petites railleries… Tu me déçois !

Emma : C’est pas mal d’inverser les rôles, des fois !

Dan : Pourquoi je suis venu te parler ?!

Emma, riante : Alors ça, c’est une excellente question !

Dan, craquant : Ne commence pas à sourire, s’il te plaît !

Emma, accentuant son sourire : Pourquoi ?

Dan, faisant l’innocent : Pour rien…

Emma : Lâche !

Dan : Allumeuse !

Emma : Ca te déplaisait pas à une époque !

Dan : Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !

Emma : Moi non plus d’ailleurs ! Bon, je peux rentrer chez moi, là ? Ou tu veux encore te prendre la tête ?

Dan : Ca dépend de ta définition de « se prendre la tête » ?

Emma : C’est une proposition ?

Dan : Je me permettrais pas.

Emma : Oui, j’oubliais, c’est plus mon genre ça !

 

Il laisse échapper un rire. Oui, je suis incorrigible et j’aime faire des bêtises.

 

Dan : Je ne peux pas me prendre la tête, là, ce soir, mais demain soir, si tu veux ?

Emma : D’accord, et ça va donner quoi comme prise de tête ?

Dan : Un McDo, un ciné et puis comme je suis généreux un verre ou une glace après.

Emma : Monsieur est grand prince, surtout qu’il sait qu’il n’aura pas à m’offrir ma place !

Dan : Quel chanceux, je fais ! Ca vous va, Mademoiselle ?

Emma : Vendu mais pas de câlin après et je ne t’appellerais pas le lendemain !

Dan : Ca sent la réplique de film et ça me parle !

Emma : De série et je pense que tu la connais en anglais.

Dan : Aide-moi !

Emma : But no cuddling after, and I won’t call you in the morning!

Dan : Rahhh !! Je suis sur que je connais !

Emma : Seulement trois saisons et la dernière est bien pourrie, un renouveau dans le panel des séries TV.

Dan : Logan Echolls !

Emma : T’en as mis du temps !

Dan : Et ton codeword, ce sera endurance, c’est ça ?

Emma : Ce qui est sur, c’est que ce sera pas le tien, en tout cas !

Dan : Tu vas voir, demain, toi !

Emma : Des promesses, toujours des promesses !

Dan : Bon, je vais être en retard à cause de toi !

Emma : Et qu’est-ce tu fais encore là ?

Dan : Tu m’énerves !

Emma : A demain !

Dan : Ouais, a demain ! Quelle heure au fait ?

Emma : 20h30, McDo Bellecour !

Dan : Ok !

Emma : Bonne soirée !

Dan : Toi aussi !

 

Quand je vous avais dit que j’aurais du rester couchée ! Et voilà ! Mademoiselle Emma s’est laissée guider par ses hormones et elle coure droit à la catastrophe ! Je ne vais pas y aller en fait. Je vais lui poser un bon gros lapin. Je suis stupide. Je peux très bien aller manger un bout, voir un bon film et rentrer seule chez moi. Je peux le faire !

 

Le lendemain soir…

 

Il est déjà là. C’est logique étant donné que j’ai quinze minutes de retard. Il faudra que quelqu’un m’explique un jour pourquoi, quand on est pressé,  le temps passe deux fois plus vite, qu’on se prend tous les feux rouges et qu’on se retrouve coincé dans un embouteillage dû à un accident ou une panne! Là, en l’occurrence, c’était une panne. La soirée commence très bien !

 

Dan : Mon petit doigt m’avait dit que tu serais en retard.

Emma : Une femme est toujours en retard pour pouvoir faire son entrée !

 

Na !

 

Dan : J’oubliais !

Emma : Je sais pas toi, mais perso, j’ai très faim ! On y va ?

Dan : Après vous mademoiselle !

 

Finalement, la soirée s’est passée sans encombre. C’est dans des fous rires que nous avons passés le repas. Bien évidemment nous n’étions pas d’accord sur la qualité du film, ce qui a amené un virulent débat autour d’une glace au Haagen Dazs Café. En sortant du café, c’est là que mes hormones et mon cerveau sont entrés en conflit. Contrairement à d’habitude, c’est lui qui a ouvert le bal.

 

Dan : Je te raccompagne ?

Emma, riante : Jusqu’à ma voiture si tu le souhaites.

Dan : J’oubliais que tu possèdes la voiture ! Stupide, stupide, stupide Dan !

Emma, riante : Pique pas mes répliques, tu veux !

Dan : Je vais devoir rentrer tout seul et allez dormir dans mon tout petit lit, alors…

Emma : Il arrivait à nous contenir à une époque, mais il n’y avait pas tes parents dans la pièce d’à côté.

 

Nous arrivons à ma voiture et je ne suis plus très sure de vouloir lui résister.

 

Dan : Et tu voudrais pas me faire visiter ton appartement par hasard ?

Emma, riante : Même pas en rêve !

Dan : J’aurais essayé !

Emma, riante : Je n’appelle pas ça essayé. C’est à peine un début de tentative !

Dan : Femme qui rit, à moitié…

Emma, l’attrapant par le col : C’est toi qui va finir dans mon lit !

 

Je l’embrasse à lui faire perdre la tête.

 

Dan : Je sens que tu vas t’improviser agent immobilier !

Emma, ouvrant sa voiture et dans un regard coquin : D’une certaine manière !

 

Je m’installe dans ma voiture. Son cerveau ne fonctionne plus.

 

Emma : Bon, tu viens ou pas ?

Dan, tout en prenant place : Ah oui ! Pardon ! C’est de ta faute aussi ! Faut pas embrasser les gens comme ça ! Ca leur faire perdre la tête !

Emma : T’es mal barré alors ! Il va plus rester grand-chose de toi, demain matin !

Dan : Je prends le risque !

 

Nous éclatons de rire. Pendant que je conduis, ma main frôle sa cuisse à chaque vitesse passée. A chaque feu rouge, nos lèvres se retrouvent et nos mains se font de plus en plus pressantes sur le corps de l’autre. Des frissons me parcourent le corps. Cela fait si longtemps, trop longtemps. Une fois arrivée dans le garage de mon immeuble, c’est sans décoller nos lèvres, l’un de l’autre, que nous atteignons l’ascenseur. Sa bouche commence à parcourir mon cou, avant de plonger dans mon décolleté. Si le « ding » de l’ascenseur n’avait pas retentit, c’est là que les choses auraient finies. Toujours sans nous séparer, nous atteignons la porte de mon appartement. C’est avec difficulté que j’insère la clé pour ouvrir la porte, qu’il claque derrière nous. Les vêtements volent pendant que je l’attire jusqu’à la chambre. Malgré les années, il sait exactement où caresser, où lécher, où mordiller. Je passe au-dessus de lui et ses mains parcourent l’échine de mon dos, provoquant une vague de frisson. Ma bouche parcourt son torse pour finir sa course sur son membre viril. C’est haletant qu’il m’arrête avant l’instant critique. Je remonte à ses lèvres et il me souffle un…

 

Dan : Tu es toujours aussi douée…

 

Je lui souris, coquine. Nos lèvres se rencontrent à nouveau et il me fait rouler sur le lit. A son tour, il vient jouer avec sa langue. Les années lui ont apporté une maîtrise qu’il n’avait pas. C’est dans un tumulte qu’il me pousse aux limites de l’extase, avant de glisser en moi. Chaque coup de bassin me fait perdre un peu plus pied. Ses mouvements s’intensifient jusqu’à m’emmener au-delà du septième ciel !

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