Chapitre 3

Chapitre 3 : Le destin, toujours le destin !

 

Bureau d’Interpol à Paris, France

 

Cela faisait déjà un mois que Veronica avait pris ses fonctions à Interpol. Elle aimait vraiment son travail. Elle avait encore beaucoup de regrets par rapport à Logan, mais elle devait avancer. Comme tous les matins, elle s’assit à son bureau. Leur affaire piétinait. Il n’avait même pas pu obtenir la liste des clients des différents hôtels des Bahamas. Les autorités locales s’obstinaient à ne pas vouloir leur faciliter la tâche. De plus, leur chef avait, pour l’instant, refusé catégoriquement que la fine équipe se rende sur place. Ils n’avaient pas assez de preuve.

 

Amandine : Bon, Veronica ! Est-ce que tu pourrais nous sortir de ton ordinateur magique, une piste ? Tu sais un truc qui nous ferait avancer vers Richard Casablancas.

Veronica : Par des moyens légaux, non.

Amandine : Non, le temps de l’illégalité est révolu pour nous deux, d’accord ?

Veronica : Pourquoi je sens que sous cette phrase, il y a plein de choses que mes oreilles chastes ne devraient pas entendre ?

Amandine, avec son air innocent cachant bien des choses : Je ne sous-entends jamais rien. Tu le sais.

Pierre : Et tu crois qu’on va te croire ?

Amandine, sure d’elle : Oui !

 

Ils rirent. Veronica adorait Amandine. Elle lui rappelait dans une certaine mesure, Lilly. Ce côté totalement libéré, passionné, son humour. Elle semblait cachée bien des choses sous ses mèches bleues, comme Lilly, derrière ses longs cheveux blonds. Elle était pétillante et Veronica en avait tant besoin de ce pétillant. Hormis son travail, tout lui paraissait fade. Logan lui manquait tellement. Elle déprimait. Depuis son premier jour à Interpol, elle n’avait pas eu le courage de l’appeler et il ne l’avait pas appelé, non plus.

 

Amandine : La Terre à Mars !

Veronica : Hein ? Oui ?

Amandine : Tu vas te décider un jour à nous dire, ce qui te fait partir dans tes pensées comme ça avec cet air si livide ?

Veronica : Non, mais ça va, c’est rien !

Veronica (VO) : Oui, c’est juste Logan, après tout !

Amandine : J’ai une idée !

Pierre, abasourdi : Pour l’enquête ?

Amandine : Mais non, voyons ! Pour sortir Veronica de sa mélancolie !

Pierre : Ah ! Je me disais aussi ! Il ne neige pas encore sur Mars !

Veronica : Il semblerait vu que je n’ai pas froid.

 

De nouveaux éclats de rire envahirent leur bureau. S’il y avait le prix du bureau le plus bruyant, animé et où on ne s’ennuie pas, le leur décrocherai le prix avec les félicitations du Jury. S’il ne se passait rien, c’est qu’ils n’étaient pas dans leur bureau.

 

Pierre : Donc tu voulais sortir avec Veronica…euh…pardon ! Tu voulais sortir Veronica de sa mélancolie ?

Amandine : Pierre, je t’ai déjà dit que l’humour ne t’allait pas au teint !

Veronica : Non, mais je vais bien.

Amandine : C’est ça ! Et moi, je suis fan d’Angel !

Pierre : J’ai rêvé de ce moment depuis des mois ! Soit bénie, Veronica Mars !

Amandine : Pierre, tu as encore oublié de prendre tes petites pilules ! Tu sais, celles qui t’empêchent de dire des bêtises aussi grosses que ton ego !

Pierre : Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !

Amandine : Donc, je disais. On va sortir, ce soir. Tous les trois ! Comme ça, on pourra torturer Pierre à propos de sa dernière conquête, qui cela dit en passant, l’a laissé choir et te remonter le moral avec de la Tequila et des danses outrageuses.

Veronica : J’avais un autre programme pour ce soir.

Amandine : Manger de la glace devant une énième vision de l’épisode musical de Buffy en pyjama, ce n’est pas un programme. Tu viens et c’est tout.

Veronica, démasquée : Bon, je suis d’accord pour torturer Pierre, mais pas pour l’alcool, ni pour les danses.

Amandine : Mais c’est une obligation ! L’un ne va pas sans l’autre. Les danses outrageuses après deux, trois verres de Tequila, tu changeras d’avis, tu verras !

Veronica (VO) : Mais c’est pas vrai ! Pourquoi tout le monde veut que je parle de Logan ?

 

Depuis son retour, son père, Mac et Wallace l’assaillaient de questions sur le sujet. Elle s’obstinait à leur mentir, à leur dire qu’elle allait bien, que tout avait été formidable, mais qu’il n’était pas fait pour vivre une vraie histoire. Il aimait son Ile et elle la civilisation. Ca ne collerait jamais entre eux. Cette fois, elle fut sortie de ses pensées par l’Agent Dubois qui entra en trombe dans leur bureau.

 

Dubois : Messieurs, Dames bonjour !

Tous les trois : Bonjour Monsieur !

Dubois : Votre homme n’est pas aux Bahamas. Je viens d’avoir un appel de la police locale de Tahiti. Un touriste américain l’a reconnu et a tout de suite prévenu les autorités. Il l’a identifié sur photo. Comme Tahiti se situe en Polynésie Française, vous partez par le vol de 17h30. J’ai déjà réglé les problèmes de visa et la police locale vous apportera tout le soutien dont vous aurez besoin !

Veronica, sonnée : Vous avez bien dit Tahiti ?

Dubois : Oui, ça vous pose un problème ?

Veronica, se reprenant : Non pas du tout !

Veronica (VO) : Le destin se moquerait-il de moi ? Je vais me retrouver à deux heures de bateau de Logan !

Dubois : Je vous donne votre après-midi afin que vous puissiez préparer quelques bagages. Comme d’habitude, vous me tenez au courant de tous vos faits et gestes.

Amandine, inquiète : Vraiment tous ?

Dubois : En rapport avec l’enquête, bien sur !

Amandine : Bah oui ! C’est logique !

Dubois : J’espère que vous allez nous le ramener ! Je commence à avoir les hauts dirigeants sur le dos. Cette affaire traîne depuis bien trop longtemps !

Veronica : On va faire notre possible, Monsieur.

Dubois : J’espère bien !

 

Sur ces mots, il quitta leur bureau.

 

Veronica, satisfaite : C’est dommage, notre petite soirée tombe à l’eau !

Amandine : Attends qu’on soit arrivé à Tahiti, ma belle ! Tu vas pas le regretter !

Veronica (VO) : Ne t’avance pas trop !…

Hôtel Sofitel, Tahiti, Polynésie Française

 

Après un vol que Veronica commençait à connaître par cœur, ils avaient atterri sans encombre. Ils avaient eu la surprise d’apprendre qu’ils allaient loger dans un hôtel 5 étoiles. Ils avaient pris place dans leurs chambres et s’étaient rejoints dans le hall, où les attendait le chef de la police locale. Il essayait d’obtenir la liste des clients des hôtels de l’Ile, mais certain rechignait.

 

Commissaire : J’ai déjà pu en obtenir de la moitié des hôtels, mais les hôtels de Luxe traînent. J’attends un mandat qui tarde lui aussi à venir.

Veronica, levant le nez des listes : Il n’y a rien qui me sonne, là-dedans. Je pense que de toute façon, il ne serait pas descendu dans un hôtel miteux.

Commissaire : Cela me semble logique, aussi. J’ai des hommes qui sillonnent la ville avec sa photo, mais ça n’a rien donné pour le moment. Pour l’instant, je vous suggère de profiter de la ville. Je vous appellerai si j’ai du nouveau et je vous faxe les listes à la minute où je les obtiens.

Veronica : Merci.

 

Le commissaire quitta l’hôtel.

 

Amandine : J’aime beaucoup sa suggestion !

Veronica : On est pas là pour s’amuser !

Pierre : Pour une fois, je suis d’accord avec Amandine. Tu veux qu’on fasse quoi ? Sans les listes, on ne peut pas avancer.

Veronica : Bon, vous avez gagné. On commence par quoi ?!

Amandine : On loue un bateau !

Veronica : Tu sais naviguer ?

Pierre : Non, elle ne sait pas, mais elle sait que je sais.

Veronica : Intéressant ! Allez, vendu !

 

Port de Tahiti, Polynésie Française

 

La fine équipe se dirigeait vers un des bateaux. Cependant, un autre bateau attira l’attention de Veronica. C’était le bateau-taxi. Il la replongea dans ses souvenirs, un mois plutôt. Elle ressentit cette grande détresse qu’elle avait ressentit en quittant Logan et son Ile.

 

Amandine : Bon, Veronica ! Va falloir résoudre ce problème de mélancolie !

Veronica : Quelle mélancolie ?

 

Elles échangèrent un regard entendu. Elle s’apprêta à monter sur le bateau, quand une voix la fit sursauter.

 

… : Mars de mon cœur ! Je te manquais déjà ?

Veronica : Echolls ! Tu t’es enfin décidé à retourner à la civilisation ? Ton trip Robinson ne te convenait plus ?

Logan : Mars ! Tu as tout faux comme d’habitude !

Amandine : Je crois que je commence à comprendre. Dis, il est grave beau gosse, celui-là !

Logan : Mars, tu perds tes bonnes manières ! Tu pourrais au moins me présenter à tes amis !

Veronica: Je n’y tiens pas, Echolls!

Logan, prenant la main d’Amandine pour lui faire une sorte de baisemain : Moi, c’est Logan.

Amandine, rougissant : Amandine.

Veronica, verte de rage : Echolls, casse-toi !

Logan : Tu es mignonne, quand tu es jalouse, Mars !

Pierre : Moi, c’est Pierre, mais tout le monde s’en fout, hein !

Amandine et Veronica : La ferme, Pierre !

 

Elles se regardèrent toutes les deux, gênées. Amandine prit Veronica, à part.

 

Amandine : Je ne sais pas ce qui vous lie tous les deux, mais pour la première fois en un mois, j’ai vu une étincelle dans tes yeux.

Veronica : Arrête de te faire des films !

Amandine : En fait, je ne te demande pas ton avis. Je tiens juste à m’excuser pour ce que je vais faire maintenant, mais dis-toi que c’est pour ton bien !

Veronica : Amandine !

 

Il était trop tard. Amandine se dirigeait déjà vers Logan.

 

Amandine : Logan, tu te joins à nous ?

Logan : Avec joie !

Veronica : Au pire, je pourrais te jeter à la mer, Echolls !

Logan : L’océan, Mars ! L’océan !

 

Elle se dirigea à l’opposé du bateau pour s’éloigner de Logan. Ils quittèrent le port. Pierre expliqua à Logan ce qu’il faisait là, bien content de ne plus être le seul garçon à la merci de ses deux petites garces préférées.

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