Chapitre 1

Chapitre 1 : Le temps passe bien trop vite !

 

San Francisco – Appartement de Logan

 

Le téléphone se mit à sonner. Logan, enfoui sous sa couette, laissa émerger sa tête de celle-ci, sortit un bras et attrapa le portable qui se déplaçait tout seul sur la table de nuit à cause du vibreur.

 

Logan : Procureur Echolls…

… : Agent Spécial William !

Logan, regardant le réveil : J’espère que tu as une très bonne raison de me réveiller à 4h du matin !

William : Comme tu le sais, nous avons arrêté un suspect dans cette affaire de viols en série. Le problème, c’est que nous arrivons au terme de la garde à vue et qu’il refuse de parler. Son alibi est solide pour au moins deux des viols. Je doute qu’on puisse le garder au-delà du délai légal.

Logan : Il reste combien de temps ?

William : 3h…

Logan : Je fais aussi vite que je peux !

 

Logan raccrocha et s’extirpa avec peine de son lit King size. Il sentit quelque chose bouger sous les draps près de lui. Une petite blonde lui fit face.

 

… : Pourquoi faut-il toujours que tu partes sitôt ?

Logan : Hannah… Tu le sais bien… Tu ferais d’ailleurs bien de rentrer chez toi…

Hannah : A croire que ton travail compte plus que moi !

Logan (VO) : Et tu ignores à quel point !

Hannah : Absence de réponse…

Logan (VO) : Il faudrait que je prenne deux minutes un jour pour régler ce problème…

Logan : Faut que j’aille travailler…

Logan (VO) : Mais pas maintenant !

 

Logan sortit de la chambre sans même un regard pour Hannah. Il traversa un large couloir et se réfugia dans la cuisine pour lancer le premier café de la journée. L’appartement avoisinait les 150 m². Il disposait de deux chambres, avec une salle de bain attenante à chacune, un bureau muni d’une immense bibliothèque, une immense cuisine américaine et un salon, sûrement la plus grande pièce de l’appartement, qui donnait sur une terrasse paysagère à la vue imprenable sur tout San Francisco. Cette vue lui rappelait souvent celle qu’il avait au Neptune Grand Hotel. Ce temps était pourtant bien révolu. Dix ans s’étaient écoulés depuis son dernier passage au Neptune Grand et surtout à Neptune. Il s’en était passé des choses en dix ans. L’appartement était pourvu des équipements les plus High-Tech qu’ils puissent se faire. Bien qu’aménagé de manière moderne, il était cependant un peu froid, comme si Logan n’y passait que le minimum de son temps. Il fila ensuite sous la douche et prit son café sur la terrasse. Il était habillé d’un magnifique costume gris clair, avec une chemise blanche et une cravate assortie au costume. Hannah apparut à ses côtés et passa ses bras autour de sa taille lui faisant face. Elle ne portait que la chemise qu’elle avait ôtée à Logan quelques heures plutôt. Il se dégagea de son étreinte.

 

Hannah : C’est quoi ton problème, à la fin ?!

Logan (VO) : Tu as beau être blonde et petite. Tu ne sens définitivement pas les promesses et les marshmallows ! Mais qu’est-ce que tu racontes à la fin, Logan ! Tout ça, c’est une affaire classée !

Hannah : Logan ! Arrête de me fuir tout le temps !

Logan : J’ai pas le temps pour ça !

 

Il se dirigea vers la cuisine, y posa son mug et attrapa son attaché-case dans le couloir.

Hannah : Logan ! Revient !

Logan : Un autre jour, Hannah !

 

Il sortit de l’appartement. Une fois dans l’ascenseur, il se mit à penser à la situation. C’était toujours pareil. Il se sentait seul, appelait Hannah et regrettait le lendemain matin, de l’avoir appelé. Il jouait avec elle, mais il ne savait pas ce qu’il voulait. Il approchait des 34 ans et ne pouvait se résigner à se caser avec quelqu’un d’autre que Veronica Mars, voir à se caser tout court. Il ne se voyait pas d’avenir avec Hannah et pourtant il la rappelait sans cesse. Chaque fois, cela se finissait de la même façon. Il partait à l’aube faire avouer un suspect et la même scène se rejouait inlassablement. Lui fuyant. Elle cherchant des preuves de son affection et qu’ils avaient un avenir. Cela durait depuis un an, depuis qu’ils s’étaient revus par hasard au tribunal. Elle était là pour le jugement de son deuxième divorce et lui pour plaider sur une énième affaire. Ils avaient échangé leurs numéros de téléphone et l’enfer avait commencé pour eux deux. Ni l’un, ni l’autre n’arrivait à mettre un terme à cette histoire, la peur de finir seule commençant grandement à gagner du terrain. Arriver au rez-de-chaussée, il sortit sur le parvis de son immeuble et héla un taxi. Il s’engouffra dedans.

 

Paris – 10 ans plutôt

 

Veronica sortit d’un taxi. Comme tous les midis, elle rentrait chez elle pour manger. Elle monta les escaliers quatre à quatre et inséra sa clé dans la serrure. Elle fut surprise : la porte n’était pas verrouillée. Elle trouva Logan sur le canapé devant la télé. Cela faisait déjà six mois qu’ils habitaient ensemble. Tous les défauts de Logan commençaient à sortir par les yeux de Veronica et inversement. Il séchait un cours sur trois et elle passait son temps à l’étranger pour son travail.

 

Veronica (VO) : Il ne changera donc jamais !

Veronica : Echolls, tu n’es pas sensé être en cours ?

Logan : Mars, je t’ai déjà dit  de ne pas te prendre pas pour ma mère !

Veronica : Tu m’exaspères, Echolls !

Logan : Voilà, au moins un point sur lequel, on est d’accord, Mars !

 

Veronica, hors d’elle, attrapa son sac et sortit en trombe de leur petit appartement. Les rares mots qu’ils échangeaient depuis quelque temps, n’avaient rien de gentil. Ils se réconciliaient généralement sur l’oreiller, mais ça ne durait pas longtemps avant que les piques teintées de reproches ne réapparaissent.

 

Logan (VO) : Si seulement elle me laissait le bénéfice du doute de temps en temps…

 

Logan commençait à ne plus supporter cette situation. Elle ne lui faisait jamais confiance. Il acceptait beaucoup de choses sans broncher, mais elle ne pouvait s’empêcher de jouer les moralisatrices castratrices. Elle ne cherchait jamais à savoir la vérité. Elle voyait uniquement ce qui l’arrangerait. Aujourd’hui, par exemple, un de ses cours avait été annulé. Il était alors rentré et leur avait préparé un succulent déjeuner, un vrai petit repas en amoureux. Elle n’avait pas vu la petite table du salon joliment orné d’une nappe brodée, d’un bouquet de fleur et de bougies. Elle n’avait pas sentie l’odeur de bacon qui flottait dans l’appartement. Elle avait juste vu que Logan était sur le canapé plutôt qu’à la fac. Logan avait envie de tout envoyer balader, de retourner aux Etats-Unis, de vendre son île et de continuer ses études quelque part loin de Neptune et de Veronica Mars. Il y avait bien une chose qu’il aimait dans sa vie actuelle, c’était son cursus en droit. Il faisait, certes, l’impasse sur quelques cours, mais il excellait. Pour la première fois de sa vie, Logan Echolls se passionnait pour autre chose que lui-même ou que Veronica Mars. En plus, il était brillant. Il n’allait pas laisser une petite blonde hargneuse tout gâcher. Il ne pouvait cependant pas se résoudre à la quitter non plus. Il l’aimait bien trop. Il se demandait juste combien de temps il supporterait cette situation, si elle ne changeait pas.

 

San Francisco – Bureau du FBI

 

Logan entra en trombe dans l’enceinte de l’agence locale du FBI. Le temps lui était compté. Il ne pouvait pas laisser un violeur potentiel reparti dans la nature. De plus, l’insistance d’Hannah l’avait gonflé à bloc. Il traversa l’immense hall et prit le premier ascenseur qui se présenta. Il arriva enfin à l’étage de la brigade criminelle. A San Francisco, elle regroupait les crimes violents et/ou sexuels, les disparitions de personnes et bien d’autres délits. Il se glissa derrière la vitre sans teint de la salle d’interrogatoire. Il fit un signe de tête à la jeune femme brune qui était déjà présente dans la pièce.

 

Logan : Alors, ma petite Amande, il a parlé depuis l’appel de David ?

Amandine : Pour commencer, je ne suis pas petite et je n’aime pas les amandes. Ensuite, non, il n’a rien dit puisque l’avocat est revenu.

Logan : Et enfin ?

Amandine : Je ne le pense pas coupable.

Logan : J’avais oublié ton goût pour les mauvais garçons !

Amandine : Tu ne t’en plaignais pas à une époque !

Logan : Moi ? Un mauvais garçon ? Jamais ! Enfin… Il fut un temps…

Amandine : Tu te lances ?

Logan : Yep !

 

Logan ouvrit la porte de la pièce connexe à la salle d’interrogatoire.

 

Amandine : Avec David, on sort ce soir, tu te joins à nous ?

Logan : Du moment qu’on ne parle d’aucune petite blonde !

Amandine : Je le savais ! T’as encore fait ton numéro à Hannah !

Logan : Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !

Amandine : A d’autre Monsieur Le Procureur Echolls !

 

Il lui fit un clin d’œil, sortit de la pièce et entra en salle d’interrogatoire. L’agent David William était grand et élancé. On pouvait malgré tout voir ses muscles saillirent sous sa chemise. Ses yeux d’un bleu azur lui donnaient un regard à tomber par terre. Logan prit place à ses côtés. Au même moment de l’autre côté de la vitre, le portable d’Amandine sonna.

 

Amandine : Agent spécial Dohring.

…. : Heather Fong,  police du district.

Amandine : C’est toujours un honneur !

Fong : Le violeur a fait une nouvelle victime.

Amandine : Et merde !

Fong : Pardon ?

Amandine : Non, rien… Où peut-on interroger la victime ?

Fong : A l’Hopital Général de San Francisco.

Amandine : Merci pour l’info.

 

Amandine raccrocha, sortit de la pièce et entra dans la salle d’interrogatoire où Logan n’avait eu guère plus de succès que David.

 

Amandine : Il est libre…

 

Logan et David la regardèrent incrédules.

 

Amandine : Il y a eu une nouvelle victime, cette nuit !

Logan : Super !

L’avocat : Très bien, je pense que vous pouvez enlever les menottes à mon client et le laisser sortir d’ici.

 

Logan fit un signe de tête à David qui enleva les menottes au suspect désormais innocenté. Lui et son avocat quittèrent alors la salle.

 

Logan : Il se fiche de nous !

David : Personne ne savait qu’on avait arrêté un suspect.

Logan : Alors comment se fait-il que ça faisait la une du journal du soir ?!

David et Amandine : Et merde !

Amandine : T’arrête de me piquer mes répliques !

David : Attends, elles sont pas copyrightées « Amandine Dohring ».

Amandine : Bien sur que si !

Logan : Et la victime ?

Amandine : Elle est au HG.

Logan : Et qu’est-ce qu’on attend ?

David : T’as mangé quoi au petit déjeuner ?

Amandine : Une Hannah qui pose trop de questions…

David : Je vois !

Logan, se levant et sortant de la pièce : Non, tu ne vois rien du tout !

 

Amandine et David lui emboîtèrent le pas, comprenant qu’il ne fallait pas insister sous peine de déclencher les foudres de l’enfer. Cette enquête le mettait à cran. Les viols s’accumulaient et les preuves se faisaient de plus en plus rare. Elles étaient même quasi-inexistantes. Le violeur était méticuleux et ils n’avaient jusque là, laissé aucune trace, même infime soit-elle. Il était toujours masqué pour que ces victimes ne puissent l’identifier. Son mode opératoire était toujours le même, mais ne se produisait jamais au même endroit de la ville. Il suivait la victime de son travail à son domicile et une fois, rentrée chez elle, il entrait à son tour par l’escalier de service. Il avait une préférence pour les brunes isolées et/ou célibataires entre 20 et 30 ans. Il épiait sûrement sa victime les jours précédents le viol. Malgré cela, ils tournaient en rond. Ils savaient tous les trois qu’ils ne pouvaient pas mettre toutes les filles correspondant au profil sous protection. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Ils auraient peut-être plus de chances avec cette nouvelle victime. Après tout l’espoir fait vivre.

 

Neptune – Appartement de Veronica

 

Veronica était endormie dans son lit avec un homme brun à ses côtés. La pièce était sobrement meublée et plutôt petite. Une petite fille blonde aux yeux noisettes entra dans la chambre et sauta sur le lit.

 

Fillette : Papa ! Maman ! C’est la rentrée !

Veronica : Du calme, Cindy !

Homme : Oui, Cindy, tu sais bien qu’il ne faut pas embêter Maman, tant qu’elle n’a pas pris son café du matin. On va aller lui préparer, d’accord ?

Cindy : D’accord !

 

L’homme se leva.

 

Veronica : Merci Léo…

Léo : Mais de rien…

 

Il passa la porte de la chambre. Veronica se leva à son tour avec peine, attrapa son uniforme dans le placard et se dirigea vers la salle de bain. Elle s’enferma et prit sa douche. En réalité, Veronica détestait sa vie. Elle n’en revenait toujours pas de la façon dont la chose avait tourné. Sa vie avait changé du tout au tout, il y a déjà presque neuf ans.

 

Paris – Neuf ans plutôt

 

Veronica était seule au milieu de son appartement vide. Elle venait de vendre ses meubles et elle était entrain de rendre les clés de son appartement. Le contenu de ses affaires se trouvait dans deux valises et un sac à dos près de la porte d’entrée. Elles étaient perdues dans ses souvenirs, alors que l’assistante de location faisait l’état de lieu.

 

Assistante : C’est dommage de quitter un si bel appartement. Il est petit, mais la vue est exceptionnelle !

Veronica : Je sais, mais je n’ai pas le choix.

Assistante : Rien de grave, au moins ?

Veronica : Je n’en sais rien.

Assistante : J’ai fini l’état des lieux. Je n’ai rien noté de particulier. Il me faut juste une signature ici et les clés.

 

Veronica signa l’état des lieux, lui tendit les clés, prit ses valises et passa à contrecœur le seuil de la porte, que l’assistante passa à son tour et referma sur elles. Veronica s’installa dans le taxi qu’elle avait commandé et fit ses adieux à Paris.

 

Neptune – Appartement de Veronica

 

Veronica entra dans la cuisine habillée de son uniforme. Léo lui tendit une tasse de café et elle s’assit à côté de sa fille. Elle lui passa une main dans les cheveux. Non, elle ne détestait pas tant que ça sa vie. Il y avait deux bonnes choses : son travail et sa fille, même si ses yeux la renvoyait au plus grand échec de sa vie. Elle ne l’avait pas vu toute de suite, comme une bénédiction, comme la plus belle chose de sa vie. A l’époque, elle avait eu l’attitude d’une Gabrielle Solis. Avoir un enfant était la dernière de ses priorités. Ce n’en était même pas une. Bien évidemment, le destin aime vous jouer des tours, alors il vous donne l’inverse de ce que vous voulez et vous tombez de haut. Toutes vos belles certitudes se font la malle, ce que vous pensiez faire dans pareille situation n’est plus si évident.

 

Léo : Je crois que je ne m’y ferais jamais de te voir dans ton uniforme de Sheriff !

Veronica : Sachs, non plus !

Léo, riant : Tu es unique, Veronica !

Cindy : C’est normal, c’est ma maman !

 

Ils rirent. Elle posa un baiser sur son front.

 

Cindy : Tu es sure de pas pouvoir m’emmener à l’école ?

Veronica : Oui, je suis désolée, ma puce.

Cindy : Toutes mes copines, c’est leur maman qui les emmène !

Veronica : Oui, mais toutes tes copines n’ont pas un Sheriff comme Maman. C’est pas mieux, tu crois ?

Cindy : Pfff… Elle va encore se moquer de moi !

Veronica : Qui ?

Cindy : Mais tu sais bien ! Barbie Snobinarde !

Veronica (VO) : Sinclair mère et fille, même combat !

Veronica : Non, elle ne va pas du tout faire ça, parce que c’est toi qui vas te moquer d’elle en premier !

Cindy : J’ai le droit de dire des trucs méchants sur ses affaires toutes roses ?

Veronica : Oui, mais pas de gros mots, ni de bagarre, d’accord ?

Cindy : Je peux pas la pousser un peu ? Rien qu’un peu ?

Veronica : Non, je t’ai déjà dit que c’était mal. Il y a d’autres moyens de se défendre.

Cindy : T’es pas drôle, tu sais !

Veronica : Oui et c’est aussi pour ça que je suis ta maman. Allez va te préparer !

Léo : On se demande vraiment de qui elle tient ça !

Veronica, faisant mine de ne pas comprendre l’allusion : Mais de toi, bien sur !

Léo : C’est ça, oui !

 

Veronica, amusée, se leva et s’apprêta à partir, mais Léo la rattrapa.

 

Léo : Tu n’as pas l’impression d’oublier quelque chose ?

Veronica : Attends, je suis habillée. J’ai mon arme, mon insigne, mes clés de voiture. Non, je ne vois pas.

 

Veronica savait très bien ce qu’elle oubliait tous les matins : d’embrasser Léo. Il avait eu raison d’elle quant à la vie à deux et parce qu’elle ne se voyait pas élever un enfant toute seule, mais certaine chose lui était encore difficile, même au bout de huit ans de vie commune. Il passa ses bras, autour de sa taille et l’embrassa. Elle ne résista pas.

 

Veronica : Ah ! Ca ! Heureusement que tu es là !

 

Cindy tira sur la manche de Veronica.

 

Veronica : Oui, ma puce ?

Cindy : Moi aussi, je veux un bisou !

 

Elle se mit à sa hauteur et la serra très fort dans ses bras. Elle sortit enfin de l’appartement. Au fil du temps, elle avait appris à aimer sa fille, plus que tout, même si les débuts avaient été très difficiles. Veronica n’était absolument pas faite pour être mère. Ce fut donc Léo qui s’occupa d’elle pendant les deux premières années de sa vie, pendant que Veronica menait de front Mars Investigations et sa campagne pour succéder à son père en tant que sheriff. Veronica avait réellement commencé à s’intéresser à sa fille, quand elle se mit à parler et à marcher. Elle faisait partie d’elle après tout et elle voulait en faire une jeune fille forte. Tout le contraire de ce qu’elle avait été. Elle avait aimé être protégée par Keith et Lianne, mais ils ne l’avaient pas préparée aux coups durs et c’était ce que Veronica voulait éviter avec Cindy. Elle en avait presque fait un garçon manqué, mais au moins, elle savait se défendre et elle l’avait prouvé à mainte reprise. Le destin, encore lui, avait dès les premières classes mit Cindy Mars et Madison Jr Sinclair ensemble. Une Mini-Madison, identique à sa mère, mais en plus petit. Dès le premier jour, Madison Jr avait ouvertement critiqué sa Sheriff de Maman et deux jours avaient suffit pour que deux clans se forment avec en tête, les deux sus nommées. Cindy avait établi son camp de base dans les toilettes des filles. Là, encore, les chiens ne faisaient pas des chats. La pauvre Madison Jr s’était alors retrouvé attachée au tourniquet de la cour de recréation, qu’elle et ses copines relançaient sans cesse, à chaque fois qu’elles passaient. Veronica et Madison Sr avait fini dans le bureau de la directrice avec leurs filles respectives, l’une ayant été punie par une privation de goûter et de sport pendant une durée de deux semaines, et l’autre encore bien pâle d’avoir vomi tripes et boyaux à la descente du tourniquet. Ce fut le début d’une longue série d’entretien entre la directrice Mrs Mars, Mrs Sinclair et leurs filles, ainsi que de grands échanges d’insultes entre les ennemies de toujours, aussi bien, mère et fille. Veronica passait pour une Lynette Scavo en puissance incapable de gérer le caractère de sa fille. Cela n’empêchait pas Veronica de penser qu’elle avait réussi, même si elle regrettait tous les petits tours que Cindy jouait à Madison Jr. Définitivement, elle lui rappelait le plus gros échec de sa vie…

 

Bureau du Sheriff

 

Veronica entra dans l’enceinte du bureau du Sheriff. Comme d’habitude, elle trouva Sachs à l’accueil, avec un café et le journal du matin. Il vieillissait plutôt bien. Il avait toujours ce petit air penaud et naïf, malgré ses tempes grisonnantes.

 

Sachs : Bonjour Sheriff Mars !

Veronica : Bonjour Sachs ! Alors que s’est-il passé pendant la nuit ?

Sachs : Nous avons Eli Navarro et Wallace Fenell en cellule de dégrisement.

Veronica : Manquait plus que Dick Casablancas et le trio était au complet. Que s’est-il passé, cette fois ?

Sachs : Ils ont été retrouvés titubant et hurlant sur la plage. Pour leur sécurité, la patrouille de nuit les a embarqués.

Veronica : Leurs femmes ont été prévenues ?

Sachs : Oui. Elles vont venir les récupérer.

Veronica : Je vais aller les voir.

 

Veronica se dirigea vers la cellule. Ils dormaient sur les lits jumeaux, Weevil en haut et Wallace en bas.

 

Veronica : ALLEZ DEBOUT !

Wallace se redressa d’un coup et se cogna la tête sur le lit du dessus. Weevil grogna sans bouger.

 

Wallace, se tenant la tête : Veronica, pourquoi tu utilise un mégaphone ?

Veronica : Ta gueule de bois est sérieuse, parce que ce n’était que ma voix.

Wallace : Chut !

Veronica : Vous en avez pas marre de vous saouler tout le temps ? Et où est votre acolyte, Dick ?

Weevil, se tournant vers Veronica : Mac l’a menacé de le priver à vie d’une certaine chose s’il venait avec nous.

Veronica : Je vois, et pour la première partie de la question ?

Weevil : C’est à Wallace de te le dire.

Veronica : Wallace ?

Wallace : Je vais être Papa pour la deuxième fois !

Veronica : Et comment se fait-il que je l’apprenne après Weevil, Dick et Mac ?

Wallace : J’ai appelé chez toi, mais tu n’y étais pas, alors on a fait la fête quand même !

Veronica : Je commence à en avoir vraiment marre de vous trouver toutes les deux semaines en cellule de dégrisement.

… : Et moi donc !

Veronica : Jackie ! Tu vas bien ? Toutes mes félicitations !

Jackie : Merci !

Veronica : Dis-moi, Wallace, tu as oublié que c’était la rentrée, aujourd’hui ?

Wallace : Pas à Neptune High, c’est demain !

Jackie : Heureusement d’ailleurs ! Je peux le ramener à la maison ?

Veronica, ouvrant la porte de la cellule : Je t’en prie !

Jackie : Pas de Dick ? Vous l’avez égaré en route ?

Veronica : Mac l’a menacé de le priver de friandises.

Jackie : Je vois ! Elle est très maligne ! De plus, il y a deux types de friandises dont je pourrais te priver mon petit Wallace !

Wallace : Même pas cap !

Jackie : Méfie-toi !

Wallace : Même pas peur !

Veronica : Allez du vent, Papa ours !

 

Jackie et Wallace allaient quitter la pièce, quand Jackie se retourna vers Veronica.

 

Jackie : Au fait, tu pourras féliciter Cindy ! Elle a tenu tête à Madison Jr sans sortir les poings, ni les insultes et pourtant elle avait matière à s’énerver.

Veronica : Que s’est-il passé ?

Jackie : Madison Jr a prétendu que Léo n’était pas son vrai père.

Veronica (VO) : Je hais les petites villes !

Veronica : Et qu’est-ce qui lui fait penser ça ?

Jackie : Elle a entendu sa mère en parler à ses copines, mais aucun nom n’a été prononcé par Madison Jr.

Veronica : Cindy n’a pas réagi ? J’attends de voir, malgré tout. La bande infernale ne va pas laisser passer ça !

… : Je suis de l’avis de Veronica. Attendons de voir.

Jackie : Elena ! Il ne manquait plus que toi !

 

Elena était aussi petite que Veronica et latino. Weevil l’avait rencontré au mariage d’un de ses cousins. Elle était la demoiselle d’honneur de la mariée. Depuis ce jour-là, ils ne s’étaient plus jamais quittés et Weevil avait arrêté ses petites combines.

 

Elena : Que ce serait  mon monde sans mes deux matinées par mois au bureau du Sheriff !

Weevil : Ma femme, enfin !

Elena : Tu sais que ta fille, la prunelle de tes yeux, était très déçue que tu ne sois pas là pour sa rentrée ?

Weevil : Je suis désolée…

Elena : Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça ! Allez vient ! Et où Dick ?

Jackie : Je t’expliquerais… Mac a trouvé un moyen de faire pression sur nos maris.

Elena : Veronica, je dois quand même avouer que Cindy a eu un sacré self-control pour une fois.

Veronica : Merci ! Les choses que j’essaye de lui inculquer vont peut-être porter ses fruits, un jour… Enfin, attendons deux, trois jours avant de crier victoire. Les inséparables Cindy Mars, Maria Navarro, Victoria Mars, Lynn Casablancas et Jessica Fenell réagissent souvent plus tard pour marquer le coup. Allez ! Sortez de mon commissariat !

 

Ils rirent et sortirent du commissariat. Ils s’étaient à peu près tous mariés au même moment. Ils eurent tous leurs premières filles la même année, excepté pour Dick et Mac dont Lynn était la troisième enfant. L’amitié de leur fille les avait rapproché et le clan junior avait déteint sur le clan senior. C’était en toute logique que Victoria, la sœur de Veronica et la fille d’Alicia et Keith avait complété la joyeuse bande. Toutes les cinq étaient inséparables.

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