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Un soir d’été (NC-17)

Dimanche, mai 24th, 2009

Ce jour n’est définitivement pas le mien. Je viens de passer une journée de travail des plus horribles. Arrivée en retard, payant pour les bêtises d’une collègue incompétente, sans compter quelques remarques désobligeantes sur une de mes passions. A la sortie du travail, les choses auraient pu s’arrêter là. Et bien, non ! Marchant droit devant moi, mon ex ! N’était-il pas supposé être à des milliers de kilomètres ? J’aurais dû rester couchée, je le savais ! Je change de trottoir faisant mine de ne l’avoir pas vu. Il est coriace. Il change de trottoir aussi et je l’entends déjà appeler mon prénom.

 

Lui : Emma ! Emma !

 

Je me retiens de me retourner. Je ne veux pas lui parler et encore moins croiser son regard. Rien de sincère ne peut sortir de lui maintenant et le bref échange qui pourrait suivre va lui servir à alimenter les railleries de ses amis.

 

Lui : Emma ! Emma !

 

C’est essoufflé qu’il arrive à ma hauteur et m’attrape par le bras. Ne pas perdre la face, quoiqu’il arrive ! J’enlève mes écouteurs que j’avais baissés au minimum à la minute où je l’ai vu.

 

Emma : Oh ! Salut Dan !

Dan : Salut ! Ca va ?

Emma : Bien et toi ?

Dan : Chaudement !

Emma : Il est vrai.

Dan : Alors quoi de neuf ?

Emma : Comme si ça t’intéressait !

Dan : Tu m’en veux toujours ?

Emma : Non.

Dan : Pourquoi tu réagis comme ça, alors ?

Emma, soupirant : Parce que tu vas te servir de tout ce que je vais pouvoir dire ou faire pour amuser ta galerie !

Dan : Qu’est-ce t’en sais ?

Emma : Je te connais !

Dan : J’ai peut-être changé et puis tu trouves pas étonnant que le destin nous ait fait prendre la même rue ?

Emma : Je travaille à deux rues de chez tes parents ! C’est surtout étonnant que ça ne soit pas produit plus tôt !

Dan : Je ne suis pas souvent en France.

Emma : Non ? Sans déconner ? J’avais pas remarqué !

Dan, riant : Pourquoi tant de haine ?

Emma : A ton avis ?

Dan : Je pensais que tu étais passée outre nos petites railleries… Tu me déçois !

Emma : C’est pas mal d’inverser les rôles, des fois !

Dan : Pourquoi je suis venu te parler ?!

Emma, riante : Alors ça, c’est une excellente question !

Dan, craquant : Ne commence pas à sourire, s’il te plaît !

Emma, accentuant son sourire : Pourquoi ?

Dan, faisant l’innocent : Pour rien…

Emma : Lâche !

Dan : Allumeuse !

Emma : Ca te déplaisait pas à une époque !

Dan : Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !

Emma : Moi non plus d’ailleurs ! Bon, je peux rentrer chez moi, là ? Ou tu veux encore te prendre la tête ?

Dan : Ca dépend de ta définition de « se prendre la tête » ?

Emma : C’est une proposition ?

Dan : Je me permettrais pas.

Emma : Oui, j’oubliais, c’est plus mon genre ça !

 

Il laisse échapper un rire. Oui, je suis incorrigible et j’aime faire des bêtises.

 

Dan : Je ne peux pas me prendre la tête, là, ce soir, mais demain soir, si tu veux ?

Emma : D’accord, et ça va donner quoi comme prise de tête ?

Dan : Un McDo, un ciné et puis comme je suis généreux un verre ou une glace après.

Emma : Monsieur est grand prince, surtout qu’il sait qu’il n’aura pas à m’offrir ma place !

Dan : Quel chanceux, je fais ! Ca vous va, Mademoiselle ?

Emma : Vendu mais pas de câlin après et je ne t’appellerais pas le lendemain !

Dan : Ca sent la réplique de film et ça me parle !

Emma : De série et je pense que tu la connais en anglais.

Dan : Aide-moi !

Emma : But no cuddling after, and I won’t call you in the morning!

Dan : Rahhh !! Je suis sur que je connais !

Emma : Seulement trois saisons et la dernière est bien pourrie, un renouveau dans le panel des séries TV.

Dan : Logan Echolls !

Emma : T’en as mis du temps !

Dan : Et ton codeword, ce sera endurance, c’est ça ?

Emma : Ce qui est sur, c’est que ce sera pas le tien, en tout cas !

Dan : Tu vas voir, demain, toi !

Emma : Des promesses, toujours des promesses !

Dan : Bon, je vais être en retard à cause de toi !

Emma : Et qu’est-ce tu fais encore là ?

Dan : Tu m’énerves !

Emma : A demain !

Dan : Ouais, a demain ! Quelle heure au fait ?

Emma : 20h30, McDo Bellecour !

Dan : Ok !

Emma : Bonne soirée !

Dan : Toi aussi !

 

Quand je vous avais dit que j’aurais du rester couchée ! Et voilà ! Mademoiselle Emma s’est laissée guider par ses hormones et elle coure droit à la catastrophe ! Je ne vais pas y aller en fait. Je vais lui poser un bon gros lapin. Je suis stupide. Je peux très bien aller manger un bout, voir un bon film et rentrer seule chez moi. Je peux le faire !

 

Le lendemain soir…

 

Il est déjà là. C’est logique étant donné que j’ai quinze minutes de retard. Il faudra que quelqu’un m’explique un jour pourquoi, quand on est pressé,  le temps passe deux fois plus vite, qu’on se prend tous les feux rouges et qu’on se retrouve coincé dans un embouteillage dû à un accident ou une panne! Là, en l’occurrence, c’était une panne. La soirée commence très bien !

 

Dan : Mon petit doigt m’avait dit que tu serais en retard.

Emma : Une femme est toujours en retard pour pouvoir faire son entrée !

 

Na !

 

Dan : J’oubliais !

Emma : Je sais pas toi, mais perso, j’ai très faim ! On y va ?

Dan : Après vous mademoiselle !

 

Finalement, la soirée s’est passée sans encombre. C’est dans des fous rires que nous avons passés le repas. Bien évidemment nous n’étions pas d’accord sur la qualité du film, ce qui a amené un virulent débat autour d’une glace au Haagen Dazs Café. En sortant du café, c’est là que mes hormones et mon cerveau sont entrés en conflit. Contrairement à d’habitude, c’est lui qui a ouvert le bal.

 

Dan : Je te raccompagne ?

Emma, riante : Jusqu’à ma voiture si tu le souhaites.

Dan : J’oubliais que tu possèdes la voiture ! Stupide, stupide, stupide Dan !

Emma, riante : Pique pas mes répliques, tu veux !

Dan : Je vais devoir rentrer tout seul et allez dormir dans mon tout petit lit, alors…

Emma : Il arrivait à nous contenir à une époque, mais il n’y avait pas tes parents dans la pièce d’à côté.

 

Nous arrivons à ma voiture et je ne suis plus très sure de vouloir lui résister.

 

Dan : Et tu voudrais pas me faire visiter ton appartement par hasard ?

Emma, riante : Même pas en rêve !

Dan : J’aurais essayé !

Emma, riante : Je n’appelle pas ça essayé. C’est à peine un début de tentative !

Dan : Femme qui rit, à moitié…

Emma, l’attrapant par le col : C’est toi qui va finir dans mon lit !

 

Je l’embrasse à lui faire perdre la tête.

 

Dan : Je sens que tu vas t’improviser agent immobilier !

Emma, ouvrant sa voiture et dans un regard coquin : D’une certaine manière !

 

Je m’installe dans ma voiture. Son cerveau ne fonctionne plus.

 

Emma : Bon, tu viens ou pas ?

Dan, tout en prenant place : Ah oui ! Pardon ! C’est de ta faute aussi ! Faut pas embrasser les gens comme ça ! Ca leur faire perdre la tête !

Emma : T’es mal barré alors ! Il va plus rester grand-chose de toi, demain matin !

Dan : Je prends le risque !

 

Nous éclatons de rire. Pendant que je conduis, ma main frôle sa cuisse à chaque vitesse passée. A chaque feu rouge, nos lèvres se retrouvent et nos mains se font de plus en plus pressantes sur le corps de l’autre. Des frissons me parcourent le corps. Cela fait si longtemps, trop longtemps. Une fois arrivée dans le garage de mon immeuble, c’est sans décoller nos lèvres, l’un de l’autre, que nous atteignons l’ascenseur. Sa bouche commence à parcourir mon cou, avant de plonger dans mon décolleté. Si le « ding » de l’ascenseur n’avait pas retentit, c’est là que les choses auraient finies. Toujours sans nous séparer, nous atteignons la porte de mon appartement. C’est avec difficulté que j’insère la clé pour ouvrir la porte, qu’il claque derrière nous. Les vêtements volent pendant que je l’attire jusqu’à la chambre. Malgré les années, il sait exactement où caresser, où lécher, où mordiller. Je passe au-dessus de lui et ses mains parcourent l’échine de mon dos, provoquant une vague de frisson. Ma bouche parcourt son torse pour finir sa course sur son membre viril. C’est haletant qu’il m’arrête avant l’instant critique. Je remonte à ses lèvres et il me souffle un…

 

Dan : Tu es toujours aussi douée…

 

Je lui souris, coquine. Nos lèvres se rencontrent à nouveau et il me fait rouler sur le lit. A son tour, il vient jouer avec sa langue. Les années lui ont apporté une maîtrise qu’il n’avait pas. C’est dans un tumulte qu’il me pousse aux limites de l’extase, avant de glisser en moi. Chaque coup de bassin me fait perdre un peu plus pied. Ses mouvements s’intensifient jusqu’à m’emmener au-delà du septième ciel !

Traitre

Dimanche, mai 24th, 2009

Angel: “There’s moments in your life that make you, that set the course of who you’re gonna be. Sometimes they’re little, subtle moments. Sometimes, they’re not. I’ll show you what I mean.” (« Il y a des moments dans la vie qui décide du cours de votre existence. Parfois, ils sont petits, insignifiants. Et parfois, ils ne le sont pas. Je vais vous montrer ce que je veux dire. »)

J’ai retrouvé une photo que j’avais oubliée et le moment qui allait avec. Je me suis rappelée que mon pauvre petit cœur, en miette à ce moment-là, avait ressenti quelque chose.

Vous croyez détester quelqu’un et d’un coup, ce traitre de cœur se met à battre à 10 000 km à l’heure, juste parce que la dite personne s’est assise à côté de vous et a passé un bras autour de vos épaules. Vous savez qu’il va se foutre de vous, c’est son petit jeu préféré, mais ce maudit cœur continue de battre à sortir de votre poitrine. Là, vous vous rappelez également de la trouille que vous aviez à l’idée qu’il ne mette les pieds à cette soirée et vous vous sentez enfin vivante. Comme si le destin vous faisait un gros clin d’œil! Vous voyez une lueur au bout de votre tunnel de tristesse et de désespoir et avez enfin l’impression que vous allez sortir la tête de l’eau.

Cependant le destin est aussi traitre que votre cœur. Il s’avère que la personne préfère votre meilleure amie. Votre cœur éprouve alors un autre sentiment, la jalousie et vous regrettez qu’il se soit réveillé. Vous vous en remettez à ce bon vieux destin et vous vous dîtes que, finalement, ça vaut peut-être mieux. Vous n’allez pas empêcher votre meilleure amie d’être heureuse. De toute manière, c’est flou dans votre tête et votre cœur. Vous aimez encore celui qui vous a arraché et mis le cœur en miette avant de partir pour des contrées lointaines, mais vous l’aimez bien quand même le petit nouveau. Il est drôle et bordel, il a un regard à vous faire tomber par terre! Vous avez le sentiment bizarre que vous remplacez juste le premier par un second qui lui ressemble sur bien des points. Vous n’êtes pas sure d’être prête pour ça. De plus, votre meilleure amie semble bien plus sure que vous, alors vous laissez faire, vous vous réjouissez pour elle et vous replongez la tête dans l’eau en repensant au crevard qui vous a laissé en plan pour se la couler douce outre-manche.

Après tout, c’est bien la tristesse aussi. Les choses sont plus claires avec elle. Etre ami avec le petit nouveau, c’est bien aussi, sauf quand il s’avère qu’il ne partage pas les sentiments de votre meilleure amie et que vous faites une bourde monumentale. Il vous raille alors de sa vie et se rallie à la cause de l’enflure qui prend plaisir à vous détruire à petit feux, ne réalisant pas que, dans la situation telle qu’elle est, ce qui est drôle pour lui, ne l’est pas forcément pour vous. Des petites blagues qui ont duré très longtemps, mais sur lesquelles vous avez finit par passer et surtout pardonner, du moins au petit nouveau. Après tout, vous ne le connaissez pas tant que ça et ces petites espiègleries vous ont fait grandir, changer dans un certain sens.

Et puis viens le jour, un mariage en plus, où vous revoyez enfin le petit nouveau. La nuit qui précède l’événement vous avez un mal fou à dormir, vous ne savez comment vous devez réagir, que va-t-il faire, qu’allez vous faire, des questions et un stress monstre. Vous êtes debout à 10h, un samedi matin, alors que vous n’émergez jamais avant 13-14h. Vous vous trouvez ridicule, parce que vous savez pertinemment que lui n’est absolument pas dans cet état-là et que vous êtes le dernier de ses soucis. Vous vous rendez au mariage. Vous discutez avec votre ami et vous détentez peu à peu, mais il apparait.

D’un coup, votre sang ne fait qu’un tour, votre cœur reste calme (vous étiez préparé, malgré tout), vous pivotez en sens inverse pour ne pas croiser son regard et ne surtout pas le regarder. Vous passez toute la cérémonie à éviter de vous demandez où il est, ce qu’il pense de vous et essayer de ne pas paraitre ridicule et de vous concentrer sur le mariage d’une de vos meilleures amies. Au moment de la sortie de la mairie des jeunes mariés, par inadvertance, vous vous retrouvez juste derrière lui et vous fuyez, parce que vous avez eu le prudent conseil de ne pas approcher. Vous passez le vin d’honneur à le chercher du regard et quand votre regard tombe sur lui, vous n’écoutez plus qu’un mot sur deux des conversations autour de vous.

Vos regards se croisent à un moment. Vous vous sentez toute petite et vous détournez brusquement la tête, ni vu, ni connu. A la fin du vin d’honneur, vous vous retrouvez obligé de parler devant lui et surtout à faire comme s’il n’était pas là. Vous vous sentez ridicule, parce que vous n’êtes pas crédible pour un sou et que vous avez beau essayé de vous concentrer sur la mariée, ça ne marche pas. Pendant le diner, vous l’oubliez un peu, bien que mal à l’aise parce que vous ne pouvez pas l’observer et que lui, par contre, le peut. La pire épreuve de la soirée, votre passage sur la piste de dance, vous essayez, encore une fois, de faire comme s’il n’était pas là. Vous n’êtes définitivement pas douée pour ça. Alors, vous profitez que la mariée ait quitté la piste pour retourner vous asseoir et limiter les dégâts.

Vous passez le reste de la soirée à espérer, en vain, qu’il ne se passe quelque chose, même de mauvais venant de lui, vu que vous êtes incapable de faire quelque chose vous même. Vous rentrez chez vous avec la désagréable impression d’avoir raté un truc et vous passez le reste de la nuit à regarder de la guimauve et à vous trouver ridicule parce qu’il s’en fout royalement. Vous reprenez votre petite vie, comme si de rien n’était ou presque…


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