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A Tout Jamais…

Dimanche, mai 24th, 2009

La maison de la plage me semble glaciale en ce matin de juillet. Pourtant la température avoisine déjà les 25 °C. Nous sommes allongés dans un transat sur la terrasse, enroulés dans une couverture. L’océan vient se perdre sur la plage de sable blanc. Le soleil monte progressivement au-dessus de l’Océan l’emportant avec lui. Recouche-toi, maudit soleil ! Laisse-le moi encore un peu. Ne laisse pas la grande faucheuse l’emmener. Il tremble dans mes bras. Il a de plus en plus froid et bien que je ne meure pas, j’ai tout aussi froid. Il est entrain de quitter ce monde et je ne peux rien y faire. Une trithérapie n’a rien pu y faire, alors que suis-je si la chimie ne fait pas d’effet ? Qui suis-je pour vouloir contrer le destin ? Une rencontre a bouleversé sa vie et nous a amené à ce triste matin de juillet. Quelques verres de trop, une nuit merveilleuse et le mal était fait. Perdus dans les vapeurs de l’alcool, l’essentiel a été oublié. Pour avait-il choisi cet homme ? Pourquoi cette fois-ci, alors qu’il n’avait jamais dérapé et toujours tout fait avec la prudence qui le caractérise ? Les questions se perdent dans le bleu de ses yeux où se reflète l’océan. Il trouve le courage d’articuler quelques mots.

 

_ Promets moi de ne pas me pleurer toute ta vie….

 

Il tousse. Je retiens mes larmes.

 

_ Promets moi de vivre chaque jour comme si c’était le dernier…

 

Ma gorge se serre.

 

_ Promets le moi….

_ Arrête de parler comme si tu allais mourir !

_ Pro…

 

Il tousse encore, plus violemment que la fois précédente. Je le serre un peu plus dans mes bras.

 

_ Je te le promets !

_ Je suis désolé….

_ Chut….

 

Je suis la seule à l’avoir soutenu pendant cette épreuve. Tous ses amis se sont détournés un à un. Sa famille a mis longtemps à digérer la nouvelle. J’ai toujours été son pilier, même s’il a mis longtemps à l’admettre. Lorsque la fatalité lui est tombée dessus, il ne s’est pas tout de suite confié, ne voulant pas revenir dans ma vie de cette manière. Un mail. D’une personne inattendue a brisé les années de silence. Celui qui nous avait divisés, nous réunissait. J’ai sauté dans le premier avion et j’ai été présente à chaque instant. Dans les moments de rémission, comme dans les pires moments. Ces derniers jours, j’étais la seule qu’il avait voulue à ses côtés. Il ne voulait pas mourir avec sa famille. Toute cette épreuve nous l’avions vécu tous les deux et elle allait se finir avec nous deux.

 

_ Vous êtes mignons à vous cacher…

 

Il arrive encore à rire dans un moment comme celui-là. Il m’étonnera toujours.

 

_ Tu as remarqué alors !

 

Je ris à mon tour.

_ Je suis mourant, pas aveugle !

_ C’est vrai, j’oubliais !

 

Il a accepté depuis longtemps qu’il y aurait une fin. Je m’y étais pourtant préparée, mais cela s’avère bien plus dure que je ne l’aurais jamais imaginé. Je sens la température de son corps baisser à chaque seconde qui passe. Les larmes reviennent former une boule dans ma gorge. Cet éclat de rire n’est qu’une trêve avant l’inéluctable. Il tousse de plus en plus fort. Il arrive à prononcer à nouveau quelques mots au milieu de ses quintes de toux.

 

_ Je t’aime… A tout jamais…

_ Moi aussi…

 

Et là, son cœur cesse de battre, la mort l’emporte. Ses beaux yeux bleus ne me renvoient plus rien. Je n’entends plus l’océan. Les larmes se répandent enfin sur mes joues comme les vagues s’abimant sur la plage. Je reste là, à le bercer comme s’il était toujours en vie. Je ne me peux me résigner à quitter ses bras. Je ne veux pas affronter la suite. Le temps s’écoule. Des secondes. Des minutes. Peut-être des heures. Je ne saurais dire. Je me décide à quitter ses bras. A le quitter tout simplement. Je remonte la couverture sur lui et ferme ses yeux. Les larmes s’arrêtent pour que je puisse décrocher ce téléphone. Je pose mes bras sur la barrière de la terrasse. Une touche et le bouton d’appel. Ils ne sont pas les premiers que j’ai envie d’appeler, mais je dois respecter ses dernières volontés.

 

_ Notre fils est parti ?

_ Oui.

_ Merci.

 

Ils raccrochent sans me laisser le temps d’ajouter quelque chose. Les mots sont futiles. Je m’effondre à nouveau. Des bras passent autour de ma taille et nous nous effondrons ensemble sur le bois de la terrasse. C’est en larme que nous voyons le dernier rayon de soleil se lever, comme s’il venait nous narguer. Au loin, une radio couvre nos sanglots et pleurent avec nous…

 

http://fr.youtube.com/watch?v=eNdEu9s5qUU

 

A long, long time ago…
I can still remember
How that music used to make me smile.
And I knew if I had my chance
That I could make those people dance
And, maybe, theyd be happy for a while.

But february made me shiver
With every paper Id deliver.
Bad news on the doorstep;
I couldnt take one more step.

I cant remember if I cried
When I read about his widowed bride,
But something touched me deep inside
The day the music died.

So bye-bye, miss american pie.
Drove my chevy to the levee,
But the levee was dry.
And them good old boys were drinkin whiskey and rye
Singin, thisll be the day that I die.
Thisll be the day that I die.

Did you write the book of love,
And do you have faith in God above,
If the Bible tells you so?
Do you believe in rock n roll,
Can music save your mortal soul,
And can you teach me how to dance real slow?

Well, I know that youre in love with him
`cause I saw you dancin in the gym.
You both kicked off your shoes.
Man, I dig those rhythm and blues.

I was a lonely teenage broncin buck
With a pink carnation and a pickup truck,
But I knew I was out of luck
The day the music died.

I started singin,
Bye-bye, miss american pie.
Drove my chevy to the levee,
But the levee was dry.
Them good old boys were drinkin whiskey and rye
And singin, thisll be the day that I die.
Thisll be the day that I die.


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